samedi 18 août 2012

La ballerine éclopée


Vrille sautillante
Sous projecteurs
Usée de labeur
Pourtant reconnaissante

Ballet d'une nuance
Esquivé par la danse
Rythmé sous la peau
N'est en rien nouveau

Paillettes
Ornements
Mouvements
Coquette...

Mue par le cœur
Espoir retrouvé
D'année en année
Corps à cœurs tout en langueur

Pulsion étourdie
Rêve d'être applaudie
Sous la clameur et la jalousie
Par un public déjà conquis

Réduite à l'inertie
Devant l’œuvre de sa bêtise
La voilà assise
Témoin de sa propre tragédie


Un poème.

Être ce duvet sous ta tête lourde,
une brise sur ton front mouillé,
une caresse, un poème.
Trouver le rythme s'accordant à ton coeur,
les minutes à la sauvette, encore disponibles pour deux. 
Puiser à l'espoir quelques notes imaginatives et
créer un beau grand sentier où l'on se rejoindrait,
disponibles et amoureux.
Cueillir les fruits bien mûrs de nos jardins entremêlés.
Prendre le temps avant qu'il nous prenne tout entier,
et marcher, juste sourire, respirer le même air,
laisser nos pensées se rejoindre dans les pastels
de nos croquis à venir.

samedi 11 août 2012

L'échelle.

Avoir une telle détermination, une telle confiance,
croire tellement fort que ce que je désire peut se produire
dans ma vie, à un point tel qu'il serait possible d'accrocher
un voeu directement à l'étoile filante.
Ça c'est fou! me direz-vous.
Mais pas du tout, simplement il me faut trouver l'échelle...
Et cette échelle, c'est la certitude que je le mérite.

Si j'étais comme un chien.

Si j'étais capable comme mon chien,
d'être si calme, si présente à ma vie, sans hâte,
sans peur, sans prétention.
Comment fait-il?
Pourquoi ce regard vers moi, on dirait qu'il me prend en pitié.
Il sait ce que je ne sais pas, lui.
Apprends-moi à ralentir, à être bien, à être là où je dois être,
sans rien de plus.
Et surtout à accepter l'instant devant moi, ce moment qui se présente,
cette minute à vivre tout simplement.
Donne-moi un peu d'animal sage dans ma vie d'humain si compliquée par moi.

vendredi 10 août 2012

La rivière dans un trou.

Un bon jour ma rivière est devenue très très basse, je pouvais voir les grosses pierres du fond
émerger à la surface de son faible courant.  Comme si son énergie fuyait de partout ou si sa tension artérielle affichait un problème majeur.  Mais où donc allaient pouvoir se réfugier les petits poissons?
La seule façon de résoudre ce problème était de compter sur le temps.  Et sur la pluie aussi!
Ma rivière avait vraiment la mine basse!  Elle était à vrai dire dans un creux de vague...une sorte de dépression!  Et à quelques mètres d'une chute en plus.  Des plans pour y rester!
Trop de chaleur, trop de beau temps, un déséquilibre de la nature.

J'imaginais le pire...une rivière tombée dans un trou, incapable de se relever, immobile!

Immobile et pourtant...

Immobile et pourtant tellement évadée, tellement partie, voyageuse, exploratrice...
acheteuse de rêve, habilleuse, vendeuse, infirmière, bonne élève, adolescente, amante...
pianiste, aviatrice, nageuse, peureuse, auteur, comédienne, amoureuse, contrariée, assoiffée,
rassasiée, perdue, retrouvée...

Lire me donne une place à me rendre lorsque je dois demeurer là où je suis!

L'eau plus puissante que la pierre.

L'eau peut sculpter la pierre.
Elle est plus puissante que cette dernière.
Mais cela prend beaucoup de temps pour le saisir!

Parfois je me sens comme l'eau et je prends mon temps.
J'explore des chemins de travers, des chemins inconnus de moi.
Je choisis de ne pas me laisser envahir par les obstacles, 
j'évite la catastrophe, la pierre lancée. Je refuse le combat.
Je m'éloigne juste à temps, je pars, je m'esquive!
Certains peuvent penser que je suis lâche, faible, que je manque de caractère.
C'est que souvent je n'ai plus le goût de me battre, mon énergie refuse.
Me voici alors sur mes chemins de travers, longeant ma rivière.
C'est là que je retrouve la patience de l'eau, la force tranquille pour ajuster ma vision.
J'attrape des fragments de courage, de confiance, de sagesse, en fait tout ce que j'ai
besoin pour poursuivre mon périple.

Comme la rivière.(G.É.)

La rivière ne s'arrête pas, elle poursuit son cours inlassablement.
Ce qu'elle veut c'est couler vers le fleuve, vers la mer et rejoindre tous les nuages par l'évaporation.
Et l'on connaît la suite, la pluie qui retombe sur la terre, les petits ruisseaux qui rejoignent la rivière...
Forte de cette image, je me sens aussi dans ce cycle infini, car de ma source à ma destination, je suis en mouvement. À travers les événements et les enseignements, j'avance, je me transforme, j'apprends. La vie est un habile sculpteur, un patient forgeron, une artiste à mille facettes.

J'atteindrai mon île.


Ça y est, je suis partie.  Mon grand voilier s'engage, il prend le large de tout son élan.  L'itinéraire complet se visionne dans ma tête, fidèle à toutes les répétitions.  Mes mains solides et habiles tiennent la barre; moi le seul maître à bord.  Quelques bagages, de simples nécessités, m'accompagnent jusqu'à bon port.  Je vois très bien devant, tout est immensément clair, bleu à perte de vue, invitant au voyage.  Mon coeur est léger, je chante, je tangue avec mon bateau, je vogue et voguerai aussi loin que le jour me prêtera sa lumière. Si la brume se lève, je la franchirai lentement, nous ferons connaissance. Ensuite, je jetterai l'ancre et me mouillerai d'elle. Il se peut que la vague s'impose et me prie de revenir.  Non, je longerai la côte, prévoyant le pire, baisserai voilure, puis au matin, je poursuivrai vers ma destination. J'ai du temps maintenant, du temps solitaire.  Le vent me poussera si loin devant et la voile tendue criera sous l'invisible poussée.  J'atteindrai mon île, sans costume d’apparat,
enfin moi-même. 

mardi 7 août 2012

Cadre de référence


Tout en effeuillant les photos fraîchement développées, je fus frappé par l'évidence d'un choc générationnel. Mes doigts touchant ce papier glacé figèrent l'instant présent dans une boucle temporelle qui me fit réaliser que mes références se perdront dans le temps. Celles qui ont guidé mes valeurs et idéaux resteront à jamais fixées dans le cadre de ma naissance.

Un concept qui me terrorise et m'émerveille à la fois. Je ne sais comment trop expliquer cet état d'âme temporaire, mais combien phare dans ma nuit. Je suis né sous un cadre référentiel qui ne peut être que mien. Le moment de ma naissance a cristallisé dans mon esprit les idéaux de mon époque, qui je l'espère n'est pas encore révolue.

Tout comme ces photos que je fais glisser entre mes mains, ma vie est un cliché, celui qui dictera mes références. Je sais que je me répète, mais l'image est trop forte en impression sur moi que je ne peux m'empêcher de me la repasser en boucle dans ma tête afin qu'elle s'installe confortablement dans mes certitudes. Ainsi est fait l'être humain, la répétition imprègne en nous le nécessaire à retenir.

S'installe alors en moi une image claire du concept que je veux exprimer ici. Voilà ce qui en ressort, cette pensée condensée qui émerge de ma tête oppressée par cette nécessité de l'expulser, telle une urgence qui ne peut attendre en proie à l'agonie.

Les références propres à notre époque/naissance définissent la lecture que l'on fait du monde actuel. On peut soit s'imprégner du contemporain et y contribuer ou encore garder notre cadre pour lire et comparer avec le avant qui ne reviendra pas, gardien d'une époque et d'une histoire que l'on a fait évolué nous aussi! Le fait est que soit on s'adapte ou soit on devient les futurs analphabètes de l'ère du numérique.