mardi 25 décembre 2012

Table de réjouissances.

A la TABLE des RÉJOUISSANCES.

En entrant, le premier geste que je fis,
fut de tourner mon regard vers la table dressée.
Elle était dans la magnificence. La nappe blanche, brodée de rouge métallique aux 4 coins, les chandelles au centre dans un candélabre vieillot, les verres de cristal dressés comme de petites sentinelles
devant les assiettes étincelantes, tout semblait attendre la Fête et les réjouissances. Une bonne odeur emplissait la pièce éclairée discrètement par le grand sapin baumier et son collier de lumières blanches.

J'ai enlacé maman dans mes bras, de tout mon cœur je la remerciai pour tant de beauté. Elle avait toujours su décorer avec goût et simplicité sa petite maison pour Noël. Je la regardai s'affairer, son joli tablier de dentelle
à la taille, déambulant comme une fée aimante pour nous offrir quelques amuse-gueules délicieusement disposés sur un plateau que je reconnus,
celui des grands jours.

Pour combien de temps encore aurais-je cette opportunité, cette chance de partager la fête de la Nativité en sa compagnie?
Je ne désirai aucunement être nostalgique en ce moment, aussi je me fis un devoir de profiter de chaque instant de ce bonheur, un bonheur rose et doux, fragile et ténu comme un petit fil de soie.

Maman se tenait courbée du haut de ses 82 ans. Elle ne désirait aucun présent, aimait nous laisser savoir qu'elle avait tout ce dont elle espérait lorsque nous étions autour d'elle, à cette table des beaux jours avec nos sourires, nos complicités fraternelles et la chaleur des retrouvailles.

lundi 24 décembre 2012

Noel tire son chapeau!


Je me réjouis là aujourd'hui,
je suis vivante, pleine d'énergie.
De tout mon cœur, je remercie
pour les éléments de ma vie!

Dix doigts agiles sur le clavier,
deux pieds solides sur le gravier (?)*
pensée parfois qui s'interroge,
ne suis pas seule dans ma loge.

Noël se tient à la porte, gelé,
me demandant s'il peut entrer.
Ma table est simple et décorée,
j'ajoute une place pour le souper.

De confidences en confidences,
la Fête se pare de réjouissances,
mais tout à coup, un long silence
éveille en nous une conscience...

Monsieur Noël tire son chapeau!
Il ne veut plus de son traîneau,
ni de ses rennes tout là-haut!
Il en a marre grosso-modo!

Depuis longtemps, il a rêvé
d'un monde meilleur, plus éveillé.
Il ne veut plus être désigné
pour les cadeaux distribuer.

Toutes ces histoires, il en a marre.
Se faire passer pour une grande star
de la consommation, du bazar!
Il n'en peut plus de ce cauchemar.

Un peu éberlués nous sommes,
sachant aussi que l'on consomme
beaucoup, même trop, en somme.
Il faut que Noël se renomme!

Il est chez nous depuis ce temps,
et nous songeons, c'est important
à faire les choses différemment
pour les enfants, petits et grands!

Il ne veut plus de cette adresse,
celle du pôle nord, de la kermesse.
Adressez-lui vos suggestions
sur ce site en ébullition.

Monsieur Noël, en dépression,
se repose de ses émotions.
Il est arrivé juste à temps,
confiné dans un épuisement.

Je me propose de recueillir,
idées nouvelles et élixirs.
Cet homme mérite nos bons soins,
pour cela, j'en suis le témoin.

mardi 18 décembre 2012

acrostiche: causse.



C'est en te traversant que j'ai su ton nom, en marchant,
Avec sac au dos et bâtons, depuis le Puy-en-Velay, à pied.
Une longue route millénaire je fis, en surveillant le GR,

Suivant le chemin, cherchant le fil invisible de ma vie décousue.

Sifflant, chantant, je traversai le plateau calcaire à perte de vue,

En la Fontaine de Rolland, un arrêt s'imposa, si près du but.

Ce fut la descente vers la frontière, les Pyrénées, ces cols féériques.
A Roncevaux, je trouvai un débarcadère pour la douche et le lit.
Une interminable nuit se déroula dans le bruit des insomnies.
Si j'y cherchai une amitié sincère, je la trouvai tout à fait thérapeutique!
Si comme une reine, je rêvai de marcher l'Espagne fleurie, je le fis!
Et vers San Sebastian, je m'enfuis avant de revenir au pays !

jeudi 13 décembre 2012

Strapontin

Que je le veuille ou non
me voici ralentie,
je suis devenue limaçon
dans un petit gabarit!
Je flâne des heures au lit,
me réfugie dans les feuilletons,
invente des poésies.
S'accumulent à mes côtés
des piles de questions
que je dépose éparpillées,
sur le petit strapontin,
ne sachant laquelle élucider...
Je me dis que demain,
seulement demain,
je les ferai circuler!

dimanche 9 décembre 2012

Ton visage.


Ton front est un petit rectangle que je parcours
de mon doigt lorsque tu dors.
Une mèche de cheveux rebelles y tracent en diagonale 
une ligne floue, ta chevelure sent si bon.
Ton nez est pointu, il se plisse et fait bouger de petites ridules, curieux, il fouine.

Que dire de ta bouche, ces belles lèvres qui s'étirent pour laisser naître ton sourire, ces notes franches, ce propos qui te ressemble.  
Le son de ta voix devient l'écho qui tisse le bonheur.

Tes dents sont de petits bijoux luisants que je devine croquant la pomme, le céleri, les amuse-gueule.
Sous l'arcade sourcilière ici, deux grandes billes vert forêt, des yeux de confidence.

Tes paupières roses et satinées se sont dotées de longs cils que je me plais à observer dans la lumière.

Lorsque vient la nuit et que l'ombre recouvre nos corps, je dessine sur ton front des lettres complices et deux
petits cœurs entrelacés.






Clepsydre.

Je suis dans la clepsydre
épiant les gouttelettes du temps,
acteur dans le déroulement.
Me voici à l'intérieur, vivant,
moi, ce veilleur vigilant
dans la cage de son corps.
Je ne suis pas peureux
dans mon enveloppe de joie,
même confiné, même à l'étroit,
je rêve de mieux.
Dans le cœur de mes secondes,
dans le ventre de mes bleus,
je m'étire, tâtant le merveilleux.
Et le temps-pêcheur me ramène
à mes chansons et mes poèmes.
Prisonnier de mon espace
que je tente de meubler,
je me nourris, je me dépasse
et sur la pointe des pieds
je vois poindre l'éternité.






 

lundi 3 décembre 2012

Cratère.

Quel mot ici, ce soir!
***Cratère***
Tout ce que je réussis à voir
en fermant mes yeux bleus,
c'est un trou très très creux,
comme un trou de mémoire oubliée,
un trou noir, un endroit peu hospitalier,
où je n'aimerais pas tomber, ni me faire bousculer.
Ce n'est pas un endroit touristique
pour une journée pédagogique!
Quoique de nombreux enfants curieux
se plairaient d'y mettre le nez, ou le pied!
Mais si l'on proposait une publicité
pour une telle activité,
si l'on jumelait cette sortie
avec un repas spaghetti,
et bien, j'imagine que j'hésiterais
et me laisserais tenter.
Car je n'ai jamais vu de cratère,
ni sur la lune, ni sur la terre!

dimanche 2 décembre 2012

Une voix éveillée.

Elle observe de ses yeux fauves,
épiant la circulation du sous-bois.
Tapie dans sa cache vert-mauve,
elle ne fait aucun bruit, ni voix.
Respiration à peine perceptible,
fusil sur l'épaule, elle attend la cible,
nichée dans la sauvage alcôve.

Elle aime le silence, perchée dans sa tour,
jette un œil à la beauté du jour,
mais ne voit rien de cet amour.

Les heures passent, elle se lasse,
s'accroupit dans sa cache,
rêve et devient cette bête
traquée, blessée...
Son heure sonne. Il n'y a personne.

Elle regarde à ses pieds,
la nuit est tombée dans un puits de charbon,
Désolation. Nouveau champ de vision.

Elle ne se sent plus bienvenue,
petite dans sa tenue,
à l'étroit dans l'armure. Cela la remue.
Elle pleure des larmes de tueur,
remue ses jambes, touche son cœur.

Elle n'a pas peur mais se sent moche,
allume une torche, se met à chanter,
chanter très fort, une sorte de mantra des bois.
L'écho résonne, il fait si froid. Pourquoi?

Elle veut tuer la mort, fondre en elle ce brouillard,
réveiller les lièvres, les chevreuils,
les orignaux, tous les mâles.
Elle chante encore, ils ne dorment pas,
elle ignore simplement qu'ils sont là,
immobiles et sereins, les oreilles dans le crin.

Ils ne dorment pas, ils écoutent la voix,
cette voix qui n'est plus tout à fait la même,
une voix éveillée, là dans le sous-bois.

Les chaussures!

Chose sûre, facilement,
mes yeux glissent vers tes chaussures.
Évidemment, je regarde aussi tes yeux,
tes mains, le repli de tes reins,
mais inévitablement, j'affectionne le pied chaussé,
autant que ton côté humain.
Le cuir et la semelle de ton pas,
ont un effet sur moi.
Et si en plus, tu choisis bien,
les parfaites chaussettes,
là, tu gagnes mes faveurs,
complet est mon bonheur!!

Ton profil.


Éclairage béni, je prends le fusain
et te trace sur mon papier-main.
Ne bouge plus, voilà comme ça!
J'aime bien ton profil, ton air serein,
ris pas, ça pourrait faire autre chose,
je te veux dans cette pause,
dans cette lumière,
cet angle parfait, offert.
Quelques minutes encore...
ne bouge pas! C'est important,
j'y arrive, ta bouche, mon amant,
délicieux ourlet, plein de secrets
et ce nez de fiston, curieux, drôle même,
petite glissade pour mon doigt, j'aime!
Mais non, ne ris pas! Reste...
Là, je parcours ta paupière, rose et fière
sous l'arcade de sourcils rebelles et gris,
je corrige le menton, difficile le menton,
c'est la faute au charbon, ce fusain, ce petit crayon.
Ça te donne un air sévère... comme le beau-frère!
Voilà! J'ai terminé.
C'est pas pire, presque beau!
Viens voir, un vrai tableau.
Je vais l'afficher dans le hall d'entrée!

Et je signe,
ta douce aimée.