mercredi 15 janvier 2014

?

Je ne veux plus mourir de vivre.

vendredi 10 janvier 2014

Nuit blanche

Nuit en parallèle
Songe en étouffé
Blessure recouverte
D’une étoile de lin bleu

Sursis dans l’abandon
D’un leurre à parier
Brèche d’un ton noir
Annonçant mon désert nacré

Désordre du cœur
Sursautant en accalmie
Réveil que trop brutal
D’une nuit non avenue


jeudi 9 janvier 2014

Dans la peau du grand pin soliloque.

Dans la peau du grand pin soliloque:

Y'a d'la place pour tout l'monde, prends donc la tienne mon ami,
sois un peu original, pépie, ne suis pas les traces de l'autre,
de ta vie deviens l'apôtre.
Y'a d'la place pour tout l'monde, la terre est vaste, tu la composes, 
fais donc ta route à toi, ose, compose un sourire à ta vie,
regarde les étoiles la nuit.
Tu n'as pas besoin de tambour ni de trompette, fréquente le silence,
sois toi-même un possible amour qui ne se dément pas. Avance!
Cueille le temps qui t'est donné, fais en bon usage,
cesse d'accumuler les coquillages, oublie les ventes de garage.
Y'a d'la place pour toi dans ce monde, rends-le plus beau, plus vert, plus fort,
remercie souvent, améliore ton sort et cesse de hurler au loup. Fonce!

Hélène Gonthier
Tous droits réservés.
2@14

lundi 6 janvier 2014

L'écart...

Souper de retrouvailles dans le silence des années entre deux rencontres, le groupe échangeait de vils et vagues souvenirs d’un passé que trop éloigné. Parodies et dérisions chaleureuses au pied de la bonne humeur pulsaient dans les va-et-vient de ces récits évoqués. Nostalgies en guise de pain de fortune, les regards souvent rieurs sautaient d’un visage à un autre. Moi, blotti dans le noir de mes silences, observait en peine de mots à dire. Sans sujet de conversation, je n’avais rien à leur dire. Rien à dire à ceux qui pourtant ont façonné l’être que je suis devenu. Transpirant la désolation de ma carcasse, fruit d’un vide au jus que trop extrait, je m’épuisais à tenter d’être avec eux.

Pourtant, dans le creux d’une discussion, méandre en complémentarité dans les échanges et les balivernes tamisées se cachaient le malaise. Malaise nourri par les écarts entre le poids du plaisir et la distance forgée par l’indifférence de ces rencontres.

Je ne voyais pas les motifs qui jalonnaient la bonne raison de ces espaces-temps séparés sur le continuum de nos relations étiolées. Ivresse d’indifférence, je pouvais sentir le malaise se nouer entre les membres invités.

Que sont donc devenues les années révolues où la franche camaraderie portait honneur à ces rendez-vous hebdomadaires? Qu’est-ce qui se cache sous cette coupure dans le temps entre retrouvailles et oubli d’un retour d’appel?

Soupir dans la clé d’une réponse à retenir comme telle, une image prenait naissance dans le vide de mon esprit. Le grand forgeron de la vie s’était joué à nous façonner de belles et grandes différences, minimes dans l’autre temps, voire négligeable, maintenant devenue ravin. Réponse en trêve de facilité, je sondais ces mêmes différences sous le couvert d’un regard nouveau. Ces dichotomies dans le maintenant ne sont rien d’autre que l’intolérance de ces mêmes différences.

Personnalités changeantes ne sont que leurre face à la réalité, le pareil n’est que bonifié avec le temps et l’absence du lien qui nous réunissait. Le lien, tel est la clé qui me manquait dans l’équation d’une soustraction à résoudre.

Sous la cloche du départ, émergeant de mes songes séculiers, je saluai mes anciennes relations dans une promesse fallacieuse d’une prochaine fois. Délire en quête d’image à donner vie sous le flash de cette révélation, je divaguais serpentant la route de mon retour. Asile d’un lieu confortable où l’ambition ne naît que dans la promesse d’un demain meilleur. À l’approche du pont reliant ma rive à celle des autres, l’évidence me frappa dans l’éclair d’une lucidité d’évidence.

Ne pouvant continuer de conduire pour cause d’émergence d’une idée à développer, je pris place sur la bretelle donnant accès à un parc inoccupé. Chance dans un ciel d’été encore fumant, la chaleur ne me fit pas défaut et se couvrit sur mes frêles épaules.

Valse de mots en concept tournoyaient dans ma tête accablée. Pont, Malaise, Liens, Rive, Temps et Différences. Ils se tenaient tous par la main et quête de partenaires de sens à donner. Je vis le Pont se lier à la Rive de mes Liens tandis que le Malaise des Différences grandissait dans le Temps.

Images en proie de naître, je forçai la main à cette danse. Approfondissant la réflexion, le concept de ma compréhension se présentait à mes yeux apeurés par ce constat.

Les rives qui nous sont propres représentent l’intériorité de ce que nous sommes. Terre de notre fertile personnalité. Continent de notre individualité, essence d’un soi propre à chacun. Tel un mouvement tectonique nous nous mouvons au gré du changement, balai des aléas de notre vie rythmée par nos choix et contrefort d’absence de choix.

Sous l’égide du besoin de ne pas être seul, contrainte d’un fondement social, l’être humain ne peut vivre isolé. Vient alors la création de liens vers la rive de nos semblables, cohésions d’appartenances sous la coiffe d’une ressemblance et d’espoir commun. Lien en forme de pont naissant sous l’apparence d’une fine union en guise de construction, nous la fortifions au gré de nos allées-venues. De simple corde à nœuds, la relation se meut vers la solidité d’un engagement commun en forme de pont d’esprit. Communion entre deux façons d’être, les différences s’amenuisent au fil des visites partagées. Elles prennent davantage la forme d’une contribution au cœur même de ces différences, elles se mutent en outil d’émerveillement et de changement dans la rive de celui qui a ouvert sa porte à l’accueil. Bref, les terres et territoires se bonifient par les contributions mutuelles de nos échanges.
Le yo-yo incessant des voitures sur les rives m’hypnotise totalement. Nausée dans la circulation, le temps passe tout comme ces voyageurs. L’heure avancée néglige le nombre de passants désormais. Le trafic se modifie sous la forme de la rareté.

Rareté, rareté d’échange, espace espacé entre les traversées. Le phénomène éclaire la suite de ma pensée solitaire. La rareté des échanges... L’effritement des relations, l’écart grandissant entre les fréquences, le retour des différences dérangeantes, la rupture du lien. Tout comme le pont qui ne se fait pas entretenir, les relations s’étiolent dans l’abandon de leur mise en retrait. De la solidité des liens surgit la fragilité. Puis, dans l’ultime de ce qui peut advenir l’effondrement, la rupture, la fin...

Tristesse dans l’évidence de ce qui m’apparaît sous les yeux, je me désole de voir que tout est fragilité sans réciprocité, sans l’apport d’échange. Bref, rien n’est acquis...

Puis, venus d’une autre rive, des nœuds se forment lentement. Transition dans l’utilité de la relation, de nouveaux liens se tissent dans l’attente de savoir si on les nourrit ou si on les laisse mourir comme les précédents.


Ainsi va la vie. Tout change, selon nos croyances, valeurs, l’importance et le temps qu’on leur donne et accorde. À vouloir tout maintenir, on finit par se perdre voire se pendre avec tous ces liens autour du cou. Est-ce ça, la sélection naturelle?

jeudi 2 janvier 2014

Évasion.

Prison de pensées collées sur les murs,
bouleversante tapisserie, images mouvantes,
clé perdue, lancée par la fenêtre, gueule ouverte,
le bras bien droit, la main bien haute!

Quitter l'alvéole, ce nombril humide, cet épicentre,
quitter les inconsciences, les inactions,
sombres réflexions.
Soif! 

Pêle-mêle, la tête rêve d'évasion.

Hélène Gonthier
Tous droits réservés.
2@14

mardi 31 décembre 2013

Souhaits pour 2014

C'est d'un œil curieux
que je parcours vos textes,
vos élans du cœur, vos proses,
tous les matins devant l'ordinateur,
mon ami silencieux devenu universel.

C'est d'un œil discret que je parcours
certains de vos jardins secrets,
vos poèmes, vos joies et vos souffrances
étalés sur la toile d'araignée.

C'est d'un œil aimant que je commente
vos livraisons tellement humaines,
et d'un œil complice que s'installe
la résonance d'un blog formidable.

2014 ouvrira ses bras dans quelques heures...
J'aimerais vous souhaiter des montagnes de bonne humeur,
de puissantes cascades de découvertes inouïes,
des forêts profondes de complicité avec vos proches
et des rivières gonflées de compassion
cheminant vers un nouveau monde.


Gonthier Hélène
Tous droits réservés

lundi 30 décembre 2013

Maintenant

Je ne suis que la somme de ce que j'ai été en complémentarité avec les aspirations de mes futurs. Bref en équilibre entre le réel de mon passé et l'illusion d'un lendemain.

dimanche 29 décembre 2013

Absent jusqu'au 6 janvier 2014.

Je devais trouver un présent extraordinaire,
quelque chose d'original, d'authentique, 
un objet qui lui ferait tellement plaisir, mais voici,
sur la porte de la boutique, on indique:
Absent jusqu'au 6 janvier 2014 !
Pas de veine, pas de chance, pas de plaisir!

Au pied de la porte de la confiserie,
les minutes s'additionnent et m'enveloppent d'une tristesse
toute jaunie, vous savez ce jaune pâle qui recouvre
les murs de la vieille teinturerie au coin de la rue qui fait un U?

Je devais trouver sur le champ une idée géniale, 
une façon bien à moi de lui prouver ma reconnaissance, 
mon attachement, mon amour naissant!

Mon sac à mains ouvert laisse entrevoir un petit papier de travers,
une feuille rabougrie, froissée, pliée, dépliée, rangée à la hâte...
Je n'ai pas de crayon, impossible d'écrire des mots-velours. 
Mes mains s'agitent maladroitement; il y a ce vent qui bougonne, 
qui siffle et me paralyse. 
Je tourne le dos au saboteur impitoyable, cet esclave que nourrit l'hiver.
De mes mains ankylosées, je réussis à déchirer le papier,
je forme deux épaules et une pointe vers le bas. 
Oui, une espèce de cœur! 
En toute vitesse, je dépose sur mes lèvres ce baume rouge 
et appose un baiser sur le coeur de papier...

Saura-t-il apprécier ce geste désemparé?

H. Gonthier   Tous droits réservés   29 décembre 2013

mercredi 25 décembre 2013

Quelques brins de solitude volontaire...

Les steppes de ma joie et ses alléluias
font de surprenants dessins sur les murs de ma vie.
Je contemple souvent avec nostalgie les lignes bleues
que tracent les ombres gênées sur la beauté du jour.
Néanmoins, la vie me tire par en avant, plus loin que moi,
je lève le voile, je veille et m'émerveille.
Je suis rarement seule dans mon tourbillon accéléré
aussi, je m'extirpe volontairement lorsque le sous-bois
m'appelle de ses grands élans confiants pour me glisser
à l'oreille ses confidences et ses principes d'éternel amour!

À tous, chacune et chacun, quelques brins de solitude 
volontaire en ces temps de tourbillons étincelants!

* Hélène Gonthier. Noel 2013. Tous droits réservés. *

samedi 21 décembre 2013

Une flèche en course.

Même si la lune fixe son œil froid de désapprobation,
même si les obligations professionnelles tiennent lieu de chapelle, 
de peau, d'oxygène,
même si des larmes rendent glissantes une poursuite obstinée,
un être que j'aime demeure dans un système clos que rien ne menace.
Sa vie est pleine à ras bord. 
Il tente de poursuivre en équilibre sur un fil de fer, 
les bras chargés de mille projets.
Voici une flèche en course qui ne s'accorde aucun détour.

Inutile fâcherie emprisonne un espace voué à la mort.
Aussi, la rivière poursuit-elle son cours inexorablement.

Dehors, le pigeon bleu-gris qui se tenait sous la corniche vient de s'envoler.

Hélène Gonthier
Tous droits réservés.
Décembre le 16, 2013.