Ce site de création libre a comme simple objectif de laisser libre court à notre imagination. Il répond aussi à un besoin criant d'écrire! Si vous désirez y contribuer, écrivez le dans les commentaires et nous communiquerons par courriel avec vous!
samedi 9 mai 2015
Et si ce soir
Seulement de tes
mains tendres.
Sur le lit des
désirs inassouvis et des tensions savamment occultées.
… … … … … Que tu
sois.
lundi 4 mai 2015
L'ange perdu
Quand la souffrance saigne sur un souvenir d'autre fois, un ange pleure de voir sa chute associée à celle de son protégé.
mercredi 29 avril 2015
Déconfit
Tremble au trépas des dépassés
La terreur nocturne de ces cauchemars tonitruants
Brusquant dans l'image déconfite
Le réveil en pluie de sueurs froides
Masquant l'odeur délaissé
D'une caresse jadis déposée
Strident dans l'écueil
D'une chute vers le noir
Point de mire en cible fléchée
Dans l'oubli planifié
De son déclin purulent
Déconfit
mercredi 22 avril 2015
Pelegrino
Chemin en pente
Traverse la prairie de son départ
Miroiter étant révolu
Partir était de mise
Vert de gris
Vert de lande
Verdure
Vert tendre
Détour en rade
Méandre sur méandre
La route se tisse au soin de ses fils
Pour qu'étoffe en elle naquit
Pavé à demi foulé
Fleurs des champs parsemés
Pour les yeux d'admirer
Beauté
Pèlerin en apnée d'être
Doutes sur doutes
Les pas de sa foulée
Grattent le sol, martelant sa solitude
Tête sur plein à vider
Tressaillir
Sourire en pourtant
D'une conviction émergée
Croquer le vif
Au cœur de sa vie
Ritournelle en carrousel
Survivre à son passé, vivre
Brise en souffle chaud
Velours sur l'endolori
Divulgue sa bonté
Cajolant en baume pansé
Étau en pression
Se détache de son écueil
Pour que libre à présent
Chemine celui marche
Dépossédé de ses attaches
Assise en fausse sécurité
Se ruine d'inutilité
Pour que naisse la liberté
Léger et plume
Survole en ciel
L'esprit libéré
Matin maussade
Miroir ébréché
Reflet hachuré
Image en déclin
Je regarde
Et rejette
Détourné de moi
J'abandonne
Sourire en berne
Mes larmes
Perles en pluie
Modulent mon visage
Usé et amer
Gris et cendre
Brasier en braise
Souffle souffrant d'être éteint
Sommeille dans l'attente
D'une nuit permanente
Pour de demain
Témoigne d'un hier révolu
vendredi 17 avril 2015
Nycthémère
Légère ?
Volatile ?
Volage ?
Ses mœurs en écume
Brillent de leur absence
Sur un lit froissé en permanence
Par les nuits de sa passion menée
Nycthémère en embrun
Sur un calendrier barbouillé
Désirs monnayés à coup de satisfaction
Brouille la nature même de son corps
À jamais usé...
mercredi 15 avril 2015
Et non celui d'après...
Miel de rose, je peints de soleil de nuage sur une toile de
volupté. Coussin bénéfique que ce bonheur passager, je
m'égare au gré du sommeil qui me hante les paupières.
Brume en songe, je divague de bleu et de jaune
en arc-en-ciel
de mosaïque en lavis bicolore. Noyau en joyau, je pars en
moi telle une étoile chaste sur une valse délicate. Pourquoi
donc, la vie peut-elle s'offrir en de si jolie teinte lorsque l'on
hume? S'arrêter, oui, s'y arrêter et pourquoi pas... y prendre
goût? Simplicité dans la choix qui est l'évidence... seul la
complication se plait à nous rendre impossible ce délice
suave qu'est l'instant présent et non celui d'après...
vendredi 10 avril 2015
Ô espoir...
Dans le soupir
Tendre dans le noir qu'il inspire
Un décret fut nommé
Sur un nappe de mauvais augure
Silence en tourment
D'une nausée apparente, imminente
Constat d'une descente sociale
Vers cet égout amoral
Destin en proie de son agonie
La vrille du bistouri
Sape le mince tissu social
Réduisant ainsi au statut de misère
Le journal d'un quotidien
Vivre sous un seuil acceptable
D'une misère croissante
Ô espoir, Ô tendre espoir
Pourquoi te retires-tu de nos vies
Pour n'y laisser que le vide
Béant, séant, décan
Tête en moins...
mercredi 8 avril 2015
Au fil du temps
Au fil du temps, s'estompent tes traits. Chaque jour, un peu plus, j'oublie de toi. Et je n'y reviens pas.
La nuit, je ne rêve plus de toi. Plus de cauchemars, de dédales interminablement noirs ni d'entrevues nocturnes inattendues. La douche ne m'est plus insupportable de fatigue. Je ne te vois plus dans mon miroir. Je ne t'entends plus cogner à mon cœur. Je ne redoute plus tes appels suppliants ou colériques. Je ne t'imagine plus devant la porte. Tu n'occupes plus la première parcelle de mon esprit divagant dans les marécages.
Au fil du vent, si je surveille encore la route, c'est dans l'espoir de ne pas t'y voir. Si ce bruit me fait encore réagir, il me rassure de n'être pas tien. Si cette phrase résonne encore c'est de ton inconséquence. Si tes mots ne me manquent pas c'est parce que je les ai noyés, eux aussi, dans le marais ce jour-là.
Au fil de l'eau, j'ai jeté tes oripeaux.
Aubrée
mardi 7 avril 2015
Au bout du compte
Petit texte "pondu" lors d'un quatrième atelier d'écriture avec des auteurs plus que formidables. Ce n'est pas le texte d'origine. Je l'ai retravaillé tant le sujet m'avait inspiré.
Cette
nuit là, tes yeux se portent une fois de
plus sur le radio réveil posé sur ta table de nuit. Il est trois heures du
matin… Et tu voudrais dormir.
Chaque
insomnie ressemble à la précédente, agaçante, sans fin. Un sablier du temps où
les minutes s’accrochent à l’éternel, où même les secondes se perdent dans les
marais de l’ennuyeux. Un sinistre cauchemar
que d’écouter le réveil se transformer en un gigantesque métronome ouvrant une
large gueule sur la partition de la marche funèbre. Et sentir te lécher, son
inquiétant mouvement de va-et-vient - narcotique, monotone - mais pas assez
soporifique pour t’emporter dans cet Eden où se reposent, à l’ombre d’un
olivier, tes rêves les plus vivants. Ton cerveau ne doit pas se perdre dans le
désolant tempo de l’infernale machine, pourtant… Il est déjà trop tard. Chaque
paroi de ton crâne se fait l’écho assassin de l’obscur « tic-tac ».
Tu
compte-mouton.
Une
fois, deux fois, dix fois… En sachant, qu’au douzième mouton, tes pensées
t’emporteront, comme à chaque fois, bien
loin de cette verte prairie, où tu joues tes espoirs de sommeil.
Souvent,
tu les peins en rouge ces moutons, en
bleu, en nuit et il t’arrive même, parfois, de les éclabousser aux mille
couleurs de l’arc-en-ciel. Souvent, ils bêlent « frère Jacques » à la
manière d’un slam d’aujourd’hui. Un son de cloche en fond sonore : Toi, le
dingue, l’esprit dérangé entre le ding et le dong. Souvent aussi, tu les
imagines à la queue leu leu, brin de paille dans la gueule, marchant au pas
sous un air de vieille guinguette. Et trop souvent, au bruit de l’affreux tic-tac
de ton réveil, tu deviens l’assassin aux yeux rougis par la fatigue La tondeuse
aiguisé à la main, tu tonds ces moutons pour grand-mère qui tricote le fameux
bas de laine qui camoufle tes nombreux somnifères. Et presque toujours :
Le drame.
Alors
tu compte-kébab.
Mais
là encore, la lune reste accrochée à son ciel et les étoiles se moquent de toi.
Les filantes défilent devant ton regard lassé de regarder. Les autres
s’éclairent à la nuit en perçant l’obscurité de plusieurs centaines de coups de
lumière.
Comment
réussir à dormir quand l’esprit un peu fou te joue de ses pensées ? Te
voilà, submergé par un flot de banalités quotidiennes qui s’échouent sur les
plages de ta raison. Tu voudrais en faire des châteaux de sable, mais tu ne
réussis qu’à retourner ce pauvre seau rouge, orphelin de sa pelle et de son
râteau, engloutis à jamais dans ces sables mouvants.
Dehors…
Une chouette crie. Tu voudrais la faire taire. Elle persiste dans son chant de
nuit, comme pour te rappeler que l’obscurité est, comme toi, toujours
réveillée. Bien sûr, tu penses au vieux fusil de papa, rangé depuis des années
dans la penderie du bas. Bien sûr, tu ne fais qu’y penser. Mais il te plait
d’imaginer cet oiseau nocturne cloué, tel un Christ aux larmes statufiées, sur
une planche de bois aux contours taillés à la hache. Et d’entendre son cri figé
dans la moue pathétique de son bec entrouvert.
Ploc,
ploc… Voilà autre chose… Quelques gouttes de pluie qui s’acharnent à « mélodier » ton univers.
Donc,
tu compte-goutte.
Et
au bout de douze gouttes, tu t’en abreuve ta gueule de géant et tu ris, tu ris,
tu ris à t’en faire… Réveiller un peu plus.
Fichue
pluie, fichu chouette… Fichue nuit.
Dehors
le jour se lève… Il est 6h 15
Tu
n’as toujours pas ressentis la douceur des bras de Morphée. Et
d’ailleurs ? Où est-elle donc passée cette traînée ? Sans doute sur
l’oreiller moelleux d’un marchand de sable à la libido trop débordante. Hummm…
Se laisser border par des doigts de fées… Hey là… Tu t’égares vieux !
Comment veux-tu espérer quelques heures de sommeil si tu t’imagines caresses et
autres voluptés.
Alors
tu conte de fée …
…Ou
plus précisément, tu comptes fleurettes
aux nombreuses fées mythiques qui s’amusent depuis peu à te souffler nature et
mille frissons fleuris sur le doux de ta peau nue et fiévreuse. La douzième,
fée des eaux et fille de l’Océan, navigue dans ton esprit en tourbillonnant d’un
chant hypnotique pour capturer encore un peu plus ton insomnie tempétueuse.
Alors tu sèches ces sueurs salées comme tu le peux sur le drap blanc trempé et,
en fond de cale imaginaire, tu jettes sirènes et autres créatures féminines.
Quelques gouttes d’huile parfumées à l’olive ou aux graines de tournesol et les
voici stupides sardines dans une boite de thon. A défaut de dormir, tu t’amuses
plutôt bien !
6h16…
Bientôt l’heure de se lever.
Se
lever ? Se lever de l’enfer de ton lit cercueil qui t’emprisonne les
rêves. Tu n’as même pas fermé l’œil… Tu as juste compté.
Compter
pour du beurre.
Courage
vieux… café noir, sans sucres, une bonne douche pour effacer les cernes de
cette nuit dévastatrice et au boulot… Un boulot où tu dois encore et encore
compter les boulons et les écrous. Les boulons, par lot de dix dans la boite
bleue, les écrous par lot de trente dans la boite rouge… Un, deux, trois… Pas une
de plus, pas une de moins : Tu comptes rond. Et tu jettes dans l’oubli
quelques pièces « tâchées » aux cicatrices de différences, celles que
personne ne veux.
Cela
fait soixante-trois heures que tu n’as pas dormi, enfin, tu sens le sommeil te
gagner.
Le
marchand de sable vient enfin de te balancer sa mixture dans les yeux… ça te
gratte, ça te pique. Tu ressens lentement le doux chant d’Hypnos sur l’effleure
de ta peau, comme le frisson poétique d’une prose chuchotée sur le grain du papier.
Le soleil tente de t’éblouir une dernière fois.
En
fin de compte… Tu ne comptes plus. Ni pour le jour, ni pour la nuit… Un laissé pour
compte !
Sur
la table de nuit, à côté du réveil, te nargue la boite de barbiturique tragique,
dans laquelle on ne peut plus compter son contenu, si ce n’est dans ton estomac
endormi.
Le
compte à rebours peut alors commencer…
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