jeudi 6 août 2015

Berceau






Lueurs en fines lignes de bonheur
Perforent  des entrailles arides
Douleurs d’un passé argileux
Qui s’effrite, qui s’adoucit


Une Source coup de cœur
Valse d’une vitalité nouvelle
Attise des instants d’alizés
Berceau d’une guérison

lundi 3 août 2015

Abandon en borne de route

Le pavé de sa fuite pulsait
Au travers de son cœur en déroute.
L'âme en peine de souffrir davantage
Pressait le pas vers l'inconnu.
Le ciel de sa nuit, toile vierge de noir et de blanc,
Peuplait sa perte à présent.

Comment survivre à la douleur de gris s'abreuvant à sa douleur?
Maudire le destin n'en revient qu'à se maudire soi-même...
Perle de nacre sur un naufrage une larme esseulée, 
À jamais, tombera pour elle seule.

Aux creux de sa main moite, sa valise marron pendait.
Lourde et pourtant vide.
Elle portait le poids de sa rupture.

Tourments en abondance
Tournant en perte de vie,
Elle pleurait sa route en devenir
Car seule à présent
Seule et sans étreinte

Morte en elle ce goût de vivre
Elle céda aux abords de sa route
Et ne plus avancer de peur de tomber
À nouveau...

Sur la poussière de son néant
Jaillit alors,
Des miasmes de son trépas
Une borne en stèle de grès
Ornée de fleurs s'extrayant des gravas
En corolle de jaune, une douce ancolie.




jeudi 16 juillet 2015

Il faut d'abord...

Pour se définir
Il fait d'abord être
Pour être
Il faut d'abord
Exister
Et pour exister
Il faut d'abord vivre
Et pour vivre
Il faut d'abord survivre
Et pour survivre
Il faut d'abord vouloir
Et pour vouloir
Il faut d'abord espérer
Et pour espérer
Il faut d'abord rêver
Et pour rêver
Il faut d'abord croire
Et pour croire
Il faut d'abord fermer les yeux
Et pour fermer les yeux
Il faut d'abord les ouvrir
Et pour les ouvrir
Il faut d'abord voir le monde
Et pour voir le monde
Il faut d'abord savoir ce qu'il est
Et pour savoir ce qu'il est
Il faut d'abord le définir
Et pour le définir
Il faut d'abord qu'il soit!

mercredi 15 juillet 2015

Géhenne (Ou l'enfer du harcèlement)


Les parfums du désert ensablés sur sa peau,

Voyagent jusqu'au noir de son regard brûlant,

Souvenir d'une terre aux senteurs de l'Orient,

Naziha se dévoile au criant de ses maux.




Quand se brillent au soleil ses reflets orangés,

Aymeric se coiffe de casquettes trop sombres,

Il écrit sur les murs ses douleurs en jeux d'ombres,

Les larmes de rousseurs sur ses deux joues tâchées.




Sous ses pulls troués où respire la sagesse,

Ses haillons d'oxygène au gris de sa misère

Lui baillonne son cri qu'elle voudrait ne plus taire,

Maëva dans sa faim se grignotte en tendresse.




Brin de charme latin au profond de ses yeux,

Grégorio se « pause » aux caprices de ses mots,

Il voudrait les vomir et les rendre plus beaux,

Tous ces sons écorchés qu'il bégaie dans l'honteux.




Elle est belle Marie sous le rouge de ses joues,

Ses gourmandes rondeurs dansent maux sur son corps,

Mélodies caloriques que ses grammes dévorent,

Mais que chante un sourire aux espoirs les plus fous.




Et Pierre au souffre d'une lecture troublée,

S'enlarme à lire ces mots qu'il ne comprend pas trop,

Comme un caillou jeté au fond de son cerveau,

Il alourdit sa peine et noie ses facultés.




Sur son visage griffé aux brûlures éternelles,

Rosa ose un sourire aux couleurs esthétiques,

Les flammes de l'accident ont comme un goût tragique,

Dans le regard des autres qui n'offrent plus leur ciel.




Naziha, Aymeric, Grégorio ou Marie,

Petites poupées qu'on assassine à coup de rire

A coup de mots jusqu'au souffrir, jusqu'au mourir,

Harcèlement qui se « silence » dans leurs cris.

- Cat - 15/07/2015

jeudi 25 juin 2015

Compteur de zéro...

Nuée de vapeur blanche et bleu
Schisme nuageux en parcelle de soleil
Le temps irrégulier de son sablier
Ponctuait sa nostalgie d’outre temps
Et le céleste, du haut de son promontoire,
Riait de cette grisaille fébrile 
Que composait cette masse animée
Triste, mais pourtant sifflant un hélas...

Terre en amalgame d’ocre et de vert
Saturée de seconde nature
Post-consommé du créé
Par la souillure de cette fausse intelligence
Créateur de besoin en rebut devenu
Pleure de s’être ainsi...

Dans le soudain qui surgit dans l’évidence
Clair métal au rustre d’acier chétif
Tonnerre ciblé ayant comme cible
Notre graine d’humanité se vit secouée, rabrouée
Pour qu’enfin, enfin...
Étal de conscience puisse gravir la cime 
Et s’extirper de la bêtise gangrenée
Qu’est devenue cette « société »...



lundi 22 juin 2015

Psychose partagée (Ou la Folie à deux)

Quelques gouttes d'un désir
Dans le creux de ton oreille...
Ecoute

Chuchotements
Du bout de mes lèvres
Le long de ta colonne vertébrale
Comme un chemin de croix

Je respire…

La torture d'un baiser
En compte-cicatrices
Mords dans ta chaire
Violée
Coupée
Tailladée…
Morte

Tu as fui ton corps comme tu as fui le mien
Ne laissant que les cendres d'un amour trop violent
Nous sommes les étrangers dans le lit des souffrances
Et nous griffons nos draps pour parer nos fantômes

Nos regards ne croisent que le vide de nos coeurs
Qu'un destin fanatique à tranchée sans remords

Quelques larmes oubliées
Dans le creux de tes reins…
Un frisson

Ton regard s'écoule
En cascade sur nos maux
Il ne voit plus les beaux jours
Qui fleurissent nos âmes

Je pleure…

Et nous ferons l'amour aux portes de l'enfer
Toi et moi dans la mort enflammés à jamais
Ne crions pas la fin, nous vivons l'éternel
L'éternelle carnassière qui dévore nos demain

Les plaies de mon cerveau saignent mes pensées
Et j'ai mal

Je sens battre mon plaisir sous tes doigts en transe
Et j'entend ton cri bestial qui t'écorche le ventre
Nous voilà l'un dans l'autre sous l'hypnose d'un supplice
Exorcisés aux adieux qu'on transpire sous les limbes « nirvanesques »

Le Diable doit se réjouir...

Quelques gouttes de sang
Sous le coup d'un couteau
Crachent

¤ Cat ¤ © 19/06/2015

lundi 15 juin 2015

La maison abandonnée, partie dernière...

Puis, sur un fragment à capter au vol, je cherche de l’air pour revenir sur terre. Me précipitant à la fenêtre, je l’ouvre rapidement. L’air frais qui emplit mes poumons m’offre un calme et un sursis bénéfique. Je pompe et aspire l’air avec le plus de force possible afin de retrouver mon équilibre mental précaire en ce moment. Je savais que je courais vers ma fin en venant dans cet endroit, mais de vivre ce genre de situation m’effraie bien plus encore. Otage je suis, et ma prison est celle qui se consume dans mon âme en peine. 

Hurlant à l’agonie peuplant mon être, je crie de désespoir ne serait-ce que pour espérer être entendu par quiconque, au mieux, être pour quelqu’un. Un son dans la nuit au mieux. 

L’astre de ma nuit pointait désormais mon horizon. L’enclave me contenant, m’étouffait et je n’en pouvais plus de cette pièce. D’une rage en colère d’écume fumant, je pousse un violent coup de pied en dessous de la poignée de porte. Un léger craquement m’encourage alors à poursuivre. Soulagement dans cette violence qui épanche ma soif de vengeance contre cette abomination qui hante ce lieu. Succès dans la persévérance la porte cède enfin et l’univers me faisant face m’indique que je suis dans un corridor du second étage.  

Le noir éphémère ambiant se voit atténuer par des bougies qui s’allument sur un lit d’étonnement de ma part. Elles semblent surgir du néant tout en m’indiquant la suite de mon périple funèbre. Scintillantes, elles parfument de paraffine et d’un bouquet de fumerole valsant mon hésitante progression. Étrangement, nulle chaleur ne s’en dégage. Au contraire, un froid mordant habite cette maison. Cheminant à tâtons, je distingue le garde-fou me protégeant d’une chute certaine. D’un coup d’œil je reconnais la pièce de mon arrivée. Le statut quo règne et seul mon cœur s’emballe et anime cette demeure. Il tambourine si fort qu’il semble vouloir sortir de ma poitrine.  

Soudainement, les bougies semblent vouloir m’indiquer une nouvelle voie. Elles s’orientent différemment vers un endroit sans issue, un cul de sac s’il en est un. Un énorme miroir de fer orné l’encercle. Apposé au mur, mon reflet hésitant y trouve refuge et je n’ai autre choix que de m’observer. Confrontation tout comme, je ne peux détourner le regard tant l’oppression ambiant m’y contraint. Une pression sur ma nuque m’empêche de m’y soustraire tandis que mes paupières semblent étirées par des mains invisibles. Méandre dans l’image qui me fait face, je vois alors une mosaïque de lumière planant dans celui-ci. Hypnotisé, je perds ma vigilance. Tourbillon de confusion dans cet élan de fractal multicolore, je décolore ma vision en proie à l'abandon de soi. Puis, plus le temps passe et s'écoule dans ce face à face, le flou coloré se précise en une forme plus humaine. Les contours se précisent et lentement, un visage m'apparait, le mien en toute banalité.  Nulle surprise dans ce fait, toutefois, un détail m'interpelle. Plus je m'observe, plus mes traits se modulent pour se transformer en une autre image. Le blanc orne maintenant ma peau qui se décolore à un rythme d'enfer, mes cheveux tombent et mes yeux virent aux rouges. Voulant me soustraire à cette vision, la pression sur ma nuque s'intensifie. Je peux même ressentir les doigts griffus s'enfonçant dans mon cuir chevelu. Un mince filet chaud me glisse sur la joue, pressentant le pire, je m'en humecte les doigts pour l'observer et ma surprise n'en est pas moins que le rouge carmin qui les teintes.  

Souvenirs d'un pas si lointain, je revois en image la scène en terreur lors de mon arrivée en ce lieu maudit. Cette présence qui s'infiltrait en moi par ses doigts osseux. Un goût amer m'emplit la gorge qui se noue presque immédiatement. La nausée me gagne et la panique s'invite dans ma conscience qui survit et peine à demeurer éveillée. Mes yeux fixent toujours le miroir qui me reflète à présent une toute autre image. Celle de la mort qui s'empare de moi, la même qui m'était apparu du haut des escaliers. Elle me consume et me déguste à petit feu. Mes forces s'amenuisent, pourtant je tiens encore debout. Faiblement. Mes jambes hoquètent et tremblent de porter cette masse qui perd de sa vie. Je sens que je vais tomber et perdre ma lucidité. La supplier je voudrais, mais sans voix je suis... 

Le filet sanguin s'épaissit sur mon visage livide, et je sens que ma vie m'échappe. Alors que mes jambes fléchissent, une sensation de douceur se vautre sous moi et mon corps bascule à la renverse.  

Une lumière diffuse et vive à la fois me floue le regard. Des sons et des odeurs étranges envahissent mon avenir et je divague de non-sens face à ce qui se passe. Murmures en musique d’ambiance, je frissonne d’inconnu. M’échapper je dois et rapidement. Mon corps est lourd et tremble d’effort, mais des liens retiennent mes membres. Scénarios en panique tournent en boucle dans ma tête. La peur s’empare de moi et je tente par tous les moyens de fuir cette salle immaculée. Le sablier de ma vie s’écoule vers sa fin, il est là bien en place au-dessus de moi. Je sens la mort me nourrir de son fiel. À ma droite, confusion dans la vision que je vois, le sable doré se métamorphose en compte-goutte 

Une voix, sourde se faufile jusqu’à moi. Elle s’accompagne d’une ombre qui s’approche de mon visage.  

  • M Fraser… M Fraser, répondez moi… Vous m’entendez M Fraser.  
Muet dans mon silence, je tente à présent de recoller des morceaux.  
  • M Fraser, vous m’entendez… Vous être à l’hôpital… on vous a retrouvé inconscient dans le corridor de la chapelle.  
Noir dans les souvenirs qui se chevauchent, mon esprit surchauffe de ne plus rien comprendre. Qui est donc ce M Fraser ?  
—M Fraser, détendez-vous. Vous avez une vilaine blessure sur la tête. On croit que c’est survenu alors que vous marchiez dans les corridors. On a retrouvé des éclats de miroir sur le sol. Vous avez besoin de repos, détendez-vous… le soluté va vous aider. 

Au fond de sa chambre, M Fraser s’est éteint. Les médecins ont tenté à bien des reprises de le réanimer, mais en vain. La perte de sang et la fragilité de l’homme ont finalement eu raison de lui. La famille, à son chevet, vivait d’ambivalence devant les faits accomplis. Soulagée que les souffrances de leur père se soient enfin endormies. Ils avaient tellement été éprouvés depuis l’annonce du diagnostic. Le mot démence avait mis le doigt sur une situation devenue invivable pour eux. Nul ne pouvait le prendre à sa charge et le placement avait été une évidence dans l’absence de choix. Impuissants et résignés, ils étaient… 

Toutefois, la perte de leur père faisait d’eux des orphelins, car leur mère les avait quittés il y a deux ans. Le chagrin gorgeait leurs pleurs incessants.  

Tandis qu’au creux de son trépas, M Fraser sur son âme perché, constata que le pire des bourreaux dans la vie, était bien trop souvent, celui qui nous fait face dans le miroir… Et que la libération soudaine de son fardeau de vie est bien souvent, une cure sans lendemain.