Ce site de création libre a comme simple objectif de laisser libre court à notre imagination. Il répond aussi à un besoin criant d'écrire! Si vous désirez y contribuer, écrivez le dans les commentaires et nous communiquerons par courriel avec vous!
vendredi 11 décembre 2015
lundi 7 décembre 2015
Les murmures, partie première
Sur un souffle d’avant-hier, le temps écoulait son sable vers le fond de sa coupe. La lune semblait s’éclipser sous cette voute ombrageuse et duveteuse de nuages en berne. Sa lumière était diffuse et ses rares apparitions faisaient naître des formes que l’on ne voulait voir. L’homme possède ce don lui donnant le pouvoir ou la déraison de créer ses propres peurs.
L’écho de la nuit se palpait à coup de perle d’humidité sur la surface mousseuse du sol de cet automne pernicieux. Quelques feuilles, depuis peu détachées, coursaient sur les rares sentiers de cet endroit visité qu’en plein jour. Ces dernières dansaient sous le regard distrait de la chouette, attitude désabusée rappelant étrangement l’indifférence totale.
Le vent sous la tutelle d’un Éole généreux, s’amusait à jouer de la symphonie de sa présence sifflante entre les rameaux des arbres dénudés à présent. Bref, une nuit comme il y en avait tant dans ce lieu déserté sous sa phase nocturne.
Dans un coin de la colère d’une maisonnée jointe dans les remparts de ce village, la crise palpait l’horizon de ce couple querelle. Demeure sans histoire aux volets toujours fermés. Son toit de tôle brillait de son lustre perdu au fil des années et que dire des murs usés sans jamais avoir eu le luxe d’avoir été entretenu. Cris en averses trop fréquentes émanaient de ces murs lourds en histoire. Babillage en lutte de pouvoir sur un fond de n’importe quoi, mais pourtant… le résultat était le même. Mots au-delà de la pensée, lancés dans l’antre de la blessure permanente, volaient jusqu’au plus profond de son âme. Puis, dans un élan de pulsion provoqué par une parole de trop, la porte claqua de ces gonds sous la colère de la Dame éplorée qui quitta en courant vers un ailleurs qu'elle espérait meilleur.
De son côté, l’esseulé de la maisonnée, trop bourré pour la rattraper, se cala dans l’oubli bien alcoolisé. Laissant sa bien-aimée se perdre dans les pleurs de sa tristesse blessée.
Sa destination avait pour seul objectif de fuir et pour elle-seule, tenter de retrouver cette paix d’autrefois. Du temps où la vie s’offrait à elle en gerbe de fleurs suaves et que les rêves paraissaient encore réalisables. À présent, elle croyait davantage que le destin était une fleur fanée qui a trop souffert de sa beauté illusoire. Ce même destin qui se joue de notre volonté et ne sert que ses propres intérêts. Bref, elle souffrait.
Dans les dédales de sa fuite, malheur en complément d’un autre, elle quitta les remparts du village et fila vers le noir encore plus noir que son cœur. Les larmes en abondance sur ses joues, tombaient sur le pavé, le chemin de sa perte. Elle se retourna une dernière fois, espérant voir une âme la quérir, mais en vain. Puis de ce dernier coup d’œil blessant, elle quitta les lumières du village, résignée.
vendredi 4 décembre 2015
Flocon éphémère
C'est en levant la tête vers le ciel que j'ai aperçu
ces mouvements délicats dans un précipité incroyable!
Une espèce de spectacle à grand déploiement...
une descente en chute libre!
Les flocons semblent pratiquer une danse folklorique,
une valse il me semble, à moins que ce ne soit un ballet
d'inspiration viennoise!
Ça voyage léger un flocon, mais ça déménage tout de même!
Je remarque que les particules déambulent
dans un laisser-aller qui ressemble à une forme de confiance,
celle de recouvrir peu à peu les chemins, les terres, les eaux,
celle de réjouir le cœur des enfants nordiques.
dans un laisser-aller qui ressemble à une forme de confiance,
celle de recouvrir peu à peu les chemins, les terres, les eaux,
celle de réjouir le cœur des enfants nordiques.
Partout! Les flocons s'insinuent partout...
Les voitures portent des chapeaux, les mitaines se recouvrent
d'une épaisseur moite, les ruisseaux ont la chair de poule
et sur les branches des arbres, une pelure molletonnée
recouvre l'écorce en pictogrammes fondants.
et sur les branches des arbres, une pelure molletonnée
recouvre l'écorce en pictogrammes fondants.
Les brins d'herbe en concertation ont conservé la chlorophylle
dans un mutisme parfait!
dans un mutisme parfait!
Tout vit sous le couvert refroidissant...La neige est un agent de blanchiment!
La terre change de saison tout à coup et
Québec doit se vêtir chaudement.
Québec doit se vêtir chaudement.
La parade duveteuse poursuit sa descente et la musique est discrète,
appelant une mélodie intérieure, particulière et individuelle.
Le marcheur s'arrête, présente la paume de sa main,
observe le dépôt et la mort subite du flocon éphémère.
observe le dépôt et la mort subite du flocon éphémère.
Ses pensées rejoignent un concept d'impermanence puissant et
devant la suite ininterrompue des petits cristaux,
il remercie la vie se déployant dans ce mouvement gracieux,
fragile et émouvant.
il remercie la vie se déployant dans ce mouvement gracieux,
fragile et émouvant.
La beauté respire ici, en ce moment béni.
samedi 28 novembre 2015
L'éplorée
Sur le fil du givre
Toile d'argent sur une fenêtre close
Gisait en son silence
Le deuil de sa forme
Perles en cristaux
Glissant sur le blanc de sa joue
L'esseulée jouait l'éplorée
D'un rôle trop souvent répété
De ses remparts troués par le désespoir
L'unique force atténuée de sens
Pour laquelle l'ocre n'était que noir
Et le nacre de gris
Mer d'adieu sur un désert oublié
La main au ciel tendue
S'offrait la Dame ténue
D'être par décret, la solitaire adoptée
Flocons en mosaïque monochrome
Tapissaient alors par défaut
Le tertre blanc de son écueil
S'ouvrait de généreuse bonté
Les yeux portés au loin
Le vide de sa portée
En proie d'honneur
Aux creux de son décès blotti
Toile d'argent sur une fenêtre close
Gisait en son silence
Le deuil de sa forme
Perles en cristaux
Glissant sur le blanc de sa joue
L'esseulée jouait l'éplorée
D'un rôle trop souvent répété
De ses remparts troués par le désespoir
L'unique force atténuée de sens
Pour laquelle l'ocre n'était que noir
Et le nacre de gris
Mer d'adieu sur un désert oublié
La main au ciel tendue
S'offrait la Dame ténue
D'être par décret, la solitaire adoptée
Flocons en mosaïque monochrome
Tapissaient alors par défaut
Le tertre blanc de son écueil
S'ouvrait de généreuse bonté
Les yeux portés au loin
Le vide de sa portée
En proie d'honneur
Aux creux de son décès blotti
mercredi 25 novembre 2015
Les notes de l'hiver ont glissé sur la plaine
Un parterre fleuri de flocons doux et blancs
Les violons suspendus aux branches des arbres
Pleurent les premières gouttes de froid sur les corps endormis
Ils étaient des dizaines à rêver au soleil
Ils se rêvent aujourd'hui sous les feuilles d'un chêne
J'ai compris leur silence quand j'ai vu le poison
Se couler sur les peaux en sourire à la Terre
Et j'ai vu dans leurs yeux quelques bouts d'un adieu
Qu'on chantait autrefois dans les vieux cimetières
Les oiseaux par centaines se dessinent dans le ciel
Le bruissement de leurs ailes est musique dans nos cœurs
Et j'écoute tristement le tourbillon de la plume
Se poser délicatement sur leurs paupières entrouvertes
Un écrit éphémère pour cacher l'obscurité
Qui s'est emparé ce matin
De ces enfants suicidés.
¤ Cat ¤ 25/11/2015
jeudi 19 novembre 2015
À contre-vent...
Le vent dans son souffle d'hier
Pousse et glisse dans les filets à maillons
Gonflant de sa joue dorée
Le temps écoulé
Parfum en brume d'un autrefois
Givre en écho de mes fleurs fanées
Je tressaille en sursis
Le temps d'y survivre
Écueil dans l'antre de sa dérive
Abandonnant mes balises
Aux leurres d'antan
Voguant à nu sur une mer inconnue
Je boussole sur un cadran sans aiguille
Palpant l'espoir d'une rive accueillante
Au sable fin d'ocre en jaune clair
D'un naufrage salvateur
samedi 14 novembre 2015
Féeries subtiles
La forêt danse dans un mouvement gracieux,
déployant les troncs jusqu'aux cimes.
La troupe entière des ballerines courbe l'échine,
balançant de longs bras filiformes dans une fluidité
à nulle autre semblable.
Je salue ce ballet poétique, diffuseur d'harmonie céleste bienfaisante.
Ici le déroulé du temps s'effectue sans heurts, les arbres sont
devenus des métronomes thérapeutiques accueillant tout élan intérieur
teinté de nostalgie salvatrice.
Dans l'esthétisme des mouvements répétés, les danseuses aux pieds prisonniers
chorégraphient pourtant un spectacle imposant, révélateur,
proclamant de réelles louanges...
et avec la complicité du vent, elles libèrent toute la créativité
de leur propre genre.
La force puisée au sol circule et emplit tout l'espace boisé
à travers leur formes manifestées.
La sève, sublime nourricière, se transforme et en hauteur perceptible,
diffuse d'agréables parfums rejoignant bientôt les féeries subtiles.
Hélène Gonthier
tous droits réservés
14 novembre 2015
Hélène Gonthier
tous droits réservés
14 novembre 2015
vendredi 13 novembre 2015
mercredi 11 novembre 2015
Existe-t-il....
Existe-t-il un aiguisoir de la perception des choses ?
Une prière pour appeler la Beauté à reconstruire le monde ?
Un mantra pour recoller les morceaux de promesse ?
Un message à décoder dans le givre de nos fenêtres intérieures ?
Existe-t-il des mots thérapeutiques à extirper de nos bouches ?
D'authentiques fruits de terroir à distribuer ?
Un sens véritable à donner à nos vies ?
Une prière pour appeler la Beauté à reconstruire le monde ?
Un mantra pour recoller les morceaux de promesse ?
Un message à décoder dans le givre de nos fenêtres intérieures ?
Existe-t-il des mots thérapeutiques à extirper de nos bouches ?
D'authentiques fruits de terroir à distribuer ?
Un sens véritable à donner à nos vies ?
dimanche 8 novembre 2015
Je reste ici.
Je me suis invitée dans les bois, déroulant une pensée derrière l'autre,
en changeant les projets, en chantant les possibles.
Puis j'ai opté pour un coup de gouvernail, traversé la voie ferrée,
bifurqué vers un champ déployé, marché sur son dos croustillant.
Les pâturages sont en attente, plus rien ne se passe.
Novembre est un étal désert.
Ici le ciel respire, c'est large, une mer d'herbe couchée, battue.
Au loin la montagne arrondie épouse un nuage dans un silence d'église.
Se questionnent-ils sur une quelconque poursuite du bien-être?
Je décélère le rythme, un oiseau fait la roue, s'invente des exercices
entre les rais de soleil.
Le temps peut bien s'enfuir, se hâter sans fin... moi je reste ici.
en changeant les projets, en chantant les possibles.
Puis j'ai opté pour un coup de gouvernail, traversé la voie ferrée,
bifurqué vers un champ déployé, marché sur son dos croustillant.
Les pâturages sont en attente, plus rien ne se passe.
Novembre est un étal désert.
Ici le ciel respire, c'est large, une mer d'herbe couchée, battue.
Au loin la montagne arrondie épouse un nuage dans un silence d'église.
Se questionnent-ils sur une quelconque poursuite du bien-être?
Je décélère le rythme, un oiseau fait la roue, s'invente des exercices
entre les rais de soleil.
Le temps peut bien s'enfuir, se hâter sans fin... moi je reste ici.
Inscription à :
Articles (Atom)