jeudi 14 avril 2016

Déclin d’œil


Le nacre de sa détresse frissonnait de voir se tarir le jour de sa beauté... Tourbillon de noir s'étiolait alors sur son écho de son ultime soupir. Murmure en adieu, il ferma alors les yeux...

lundi 11 avril 2016

COULEURS



ROUGE DE CRIS SUR CORDES SANG CIBLES

VERT D'EAU EN LARMES DE DESENVIES

GRIS DES MINES D'ENTRE ASSISTES

BLEU AUX AMES DES CAS BOSSELES

JAUNE POUSSE UN VERS SENS UNIQUE

 



mercredi 6 avril 2016

Wi-Fi, partie seconde

Rêve en satire sur un fond de vérité crue, la petite Flavie se retrouva sur un sol bien pauvre. Choc dans le sursis de sa compréhension, elle était confuse… Éthérée et atterrée par le décor qui lui servait de porte d’entrée onirique, elle prit le temps de bien observer son environnement diffusé en image par son subconscient. Tout autour d’elle, une terre rouge et sèche était balayée par des vents forts. Seule la poussière volait et occupait l’espace. Elle prit le pouls de sa descente dans cet univers étrange et tenta par tous les moyens de retrouver son sang-froid. Balayant du regard l’étendue de sa prison sans barreau, elle risqua quelques pas, cherchant âme qui vive dans ce désert de cendre.

Inconfort dans l’angoisse la nourrissant, elle peinait à choisir une direction, encore moins une destination. Comment s’orienter quand tout est copie-conforme autour de nous? Détail dans l’absurde de sa réflexion, comment peut-on avoir peur de se perdre quand on l’est déjà? Seul le point de départ importe à ce moment précis de la déroute.

Rien de distinctif auquel se fier… Le néant de l’absence de repère força la demoiselle en peine de prendre une décision avec ce qu’elle n’avait plus utilisé depuis une éternité… son instinct. Constat dans l’évidence de sa méconnaissance d’elle-même, elle maudissait sa main de ne pas avoir googler le chemin à prendre. Confuse, elle marcha pendant bien dunes à la recherche d’un signe de vie, d’un ancrage à son désarroi. Hélas… trois fois hélas…

L’air sec lui volait l’aisance de sa respiration. Étrange sensation qu’éprouver ce malaise dans le monde onirique. Sa progression était lente et pénible, ses pas glissaient dans le sol friable de ces dunes sans fin. Elle aurait été tentée de faire le parallèle avec son nouvel habitat et la planète rouge. Seul détail anodin qui les différenciait , l’air y était présent.

Solitaire par dépit, elle redoubla d’allure dans sa quête. Sa tête tourbillonnait à cent à l’heure tant son esprit était disponible. Étrange d’avoir cette voix en monologue interne et de ne jamais l’écouter… Cette sensation d’être envahie par son propre soi souleva en elle bien des questions. Force était d’admettre qu’elle ne se connaissait plus et que le fait de s’écouter à nouveau l’angoissait au plus haut point. Qui suis-je si je ne suis plus visible aux yeux des autres? Comment puis-je savoir si ce que je suis est tendance ou aimé des autres? Comment être sans, comment peut-on être sans… Cette dernière question demeura en suspens et redoubla le niveau d’anxiété en elle. Un étau qui passait par là lui noua la gorge à ses dépens.

Elle devait désormais apprendre à être autonome et penser par elle-même. Quelle galère! Cette situation était réellement désarmante face à un monde qui ne pense plus, mais qui demande à la toile de le faire pour lui, pour elle… Ignare, tel est le statut de celui qui ne demande plus de savoir, mais demande seulement, sans conviction d’intégrer ces notions… Dictionnaire vierge et amnésique.

Inondée de questions, d’incertitudes, elle se permit une pause au milieu de nulle part et partout à la fois. Elle s’allongea alors sur le sol bouillant et se mit en mode réflexion. Elle devait, pour s’en sortir, mettre un terme à sa paresse intellectuelle et faire fonctionner ce qui lui restait de neurones encore actifs, et fournir ce qui était hors de commun pour elle et ses semblables, soit un effort… Le défi était de taille et d’entaille dans cette boîte crânienne qui ne servait plus qu’à consommer des donnés sans même les remettre en cause, en question.

De par cette action, elle se mit à penser à l’orientation et la course du soleil dans le ciel. Ainsi, elle pourrait fixer les points cardinaux et suivre la même voie sans en dévier. Émerveillée par cette idée et surpris de voir  qu'elle pouvait influer sur la situation,  elle regagna en confiance et se dit qu’elle allait peut-être s’en sortir et voir la fin de son cauchemar, s’il en est un. Cheminant à présent vers l’est, elle se mit à observer son environnement avec plus d’attention. Au départ, tout était semblable, du pareil au même. Mais plus elle poussait l’inspection, plus elle pouvait remarquer des variations dans le type de sol, la couleur de celui-ci ainsi que sa composition. Fière de ses nouvelles facultés mises au rancart, elle continua à observer tout autour d’elle à la recherche de signes distinctifs. Elle nota que le vent soufflait vers l’ouest et qu’il était plus chaud qu’à son arrivée. Que dire de l’orientation des dunes, elles pointaient vers la même direction, étrangement, elles semblaient afficher une direction, une route à prendre. Détail précieux qu’elle gardait en guise de bouée de sauvetage.

dimanche 3 avril 2016

Wi-Fi, première partie

La lune en soleil de nuit s’était pointée dans un ciel vierge de mouvement. Inertie des astres, inertie des airs, désert inerte. Le silence l’accompagnait en écho étouffé comme un partenaire soucieux de ne rien froisser…

Un nuage de brise soufflait sur les feuilles qui bruissaient de ces douces chatouilles. Le parfum persistant et agréable des asclépiades tissait ses effluves parmi les chanceux qui s’étaient pointé le nez par les fenêtres ou encore les rares et parsemés veilleurs, rassemblés autour d’un feu extérieur. La nature a cette naïveté qui la rend si charmante, voire humaine.

Les lampadaires répandaient sur le pavé leurs rayons jaunes tandis que les papillons de nuit valsaient dans sa corolle incandescente. On cherche tous la lumière, qu’importe laquelle. Les rues du village s’étaient vidées de ses occupants diurnes. Seule la faune avait repris ses droits sur ses artères goudronnées. Vie parallèle en divergence d’opinions. Ainsi, moufettes, ratons laveurs ainsi que les rares renards se pointaient en quête de pitance nourricière. Une chatte passait dans toute sa félinité, caressant l’envie des matous à proximité, tandis que les chauves-souris s’en fichaient bien.

À vol de nuit, sur les ailes du temps suave de cette nuit estivale, on pouvait voir que la vie à l’intérieur des maisons vibrait encore pour quelques-uns, comme en témoignaient ces lueurs animées filtrées par les rideaux ornant les fenêtres des quelques habitants de Ste-Lucie. Confiné et isolé, tel se veut la présente et illusoire sécurité de nos foyers, tout comme les leurs d’ailleurs.

La demeure des Lemieux n’était pas différente des autres, pourquoi en serait-il autrement? Dans l’antre de sa chambre, sous la tutelle de la toile et du virtuel, Flavie veillait sous l’éclairage diffus et confus de sa lampe de chevet. Jeune rouquine de 16 ans siégeant sur son lit, habillée de sa camisole jaune clair. La lumière tamisée de sa lampe éclairait peu par rapport à son smartphone qu’elle tenait dans ses mains. Sécurité factice dans l’angoisse de s’en départir, s’en détacher. Le cadran-réveil rétro aux courbes exagérées indiquait que l’heure de dormir était depuis que trop longtemps dépassée. Impuissant, il écoulait le temps sans que l’adolescente lui porte la moindre attention. Inutile malgré sa bonne volonté.

Malgré tout, elle jouait du doigt sur les multiples fonctions des plaisirs que lui procurait son jouet numérique. Les reproches en écho de répétés de sa mère s’étaient également tus sous l’évidence de l’épuisement et du découragement de celle-ci. Lâcher-prise dans la lassitude du déjà vu, déjà mille fois vécu. Elle passait de Facebook, comptabilisait les « like » sur son dernier post avant de passer à twitter tout en effectuant un détour par Instagram qui lui affichaient ses derniers selfies avec ses « bests ». Puis, quelques coups de doigts sur son jeu qui a la cote, un nouveau parmi tant d’autres qui l’avait précédé. Lasse, elle poursuivait tout de même son passe-temps nécrophage, chronophage numérique.

Pourtant, étrangeté dans le phénomène de sa dépendance non avouée, elle était blasée de tout ce cirque virtuel. Bien qu’elle voulait se convaincre qu’il était important de « décrocher », elle poursuivait sa divagation tactile sans conviction aucune, comme si elle s’était engagée dans une voie au mode automatique, vulgaire automate.

Les rideaux de sa chambre volaient doucement sous la brise qui soufflait de son mois de juillet. Ils effleuraient les affiches de ses idoles du moment, ceux-ci avaient pris la place de tant d’autres auparavant. Tout passe si vite se dit-elle en silence… La nuit était là. Bien présente installée, douce et pourtant, elle ne se souvenait même pas d’avoir réellement vu le jour passer. Cirque en continu devant cette perte de temps qu’elle en venait à mépriser, tout en adulant simultanément. Paradoxe dans sa vie. Comme bien d’autres, comme elle d’ailleurs, elle voulait se détacher, mais sans réellement le vouloir.


L’icône rouge d’une pile s’affichant dans le coin supérieur droit de sa gardienne numérique, elle comprit que le temps serait bientôt à la recharge, tant pour elle que son téléphone. Si seulement elle avait apporté avec elle sa prise… Le sommeil gagnant du terrain, les paupières se fermèrent bien malgré elle et la douce caresse de Morphée la mena bien au-delà de sa nuit…

dimanche 13 mars 2016

Je m'en carpe diem...

Le temps tourne sur lui-même tout comme la roue exécute son unique fonction. La ruelle pleure de n’être que son arrière-cour et le soleil du haut de son indifférence s’en fout brillamment. Un sourire luit dans le visage de son carnassier qui agite ses blancs de mémoire pour qu’on lui tienne la main, mais déjà le temps a fait de lui un oublié. Le rythme est tel qu’on ne peut le défier sinon que par des accrocs dans sa toile immaculée et définie de par sa perfection. Les nuages, inconsistant, mais bien visible dans le bleu de son océan défilent vers la bonne direction, celle de leur destiné et seuls les rêveurs leur attribuent une signification quelconque.

Moi, simple dans la simplicité que s’y accorde, je tire mon épingle du jeu dans l’espoir d’un demain à portée de main. Qui sait ce que l’on peut cueillir du haut de ses croyances idéalisées, sinon que l’espoir de croire encore
un peu… L’idéalisme a pour lui de voir dans la réalité une fêlure avec ce qui devrait être. Tandis que le réaliste ne croit que ce qu’il voit et peut concevoir, quitte à le palper par plaisir de crédibilité, mais jamais déçu il est.

Les rues abondent d’odeurs qui ne veulent pas être identifiées. Simplement voler en effluve du passé. Les passants, en marcheurs d’occasions, sifflent en cadence leur pas pour que jamais ne sonnent les cloches du retard, donc pressés par une chaleur qui démange l’ambition. Moi, perdu au milieu de se quelque part en le désir et la réalité, je fonce et défonce ma condition, sans que ne crie le hélas d’un abandon résigné.

Dans un détour de mon élan sans frein, je détourne mon champ d’intérêt vers un adage populaire dans les landes de la philosophie contemplatrice. Elle sied sur une affiche publicitaire. Entre deux néons qui pointent en sa direction jouant du stroboscope pour contrer l’anonymat dans la masse. La contrainte d’être populaire repose sur le constat que l’on perd de son essence au prix du plus offrant. Par pur hasard, elle épouse la cause d’un détergent à lessive. Comme elle est propre à son essence, elle porte en elle peu de mots parce que pourquoi elle en contiendrait davantage. D’instinct, je serais porté à lui répondre d’un simple pourquoi pas. Sous le contenant jaune citron, ce carpe diem scintille de son éloquence. Carpe Diem, qui est-ce qui le fait de nos jours? Je ne crois pas que l’essence de cette maxime soit cueillie pour ce qu’elle exprimait dans son jadis et que le contexte actuel y soit propice. Il est plus aisé de cueillir le moment présent quand l’espérance de vie est courte. Jeunesse d’insouciance dans ce qui les meut en ces temps de n’importe quoi. Réflexions faites, je ne crois pas en la justesse de cette philosophie qui endort quiconque y prend goût.
 
Je sais d’avance que les foudres seront attirées et orientées vers ma personne d’affirmer que ce genre de philosophie détruit et asservi la volonté de l’individu. Un oiseau passe se perche et s’en balance. Une voiture me croise la route et poursuit sa course dans la ligne droite de sa pensée, m’indiquant que je devais poursuivre moi aussi.

Je me souviens d’un livre sur le présentisme qui décriait la situation de ces êtres du moment présent. Mais comment peut-on réellement s’y poser, moi qui m’y oppose. La vaillance est mère de l’avenir, car elle défie la fainéantise de l’avilissement. L’heure tic-tac ma course et mon retard ne fait que s’accroître. Sans m’y perdre en temps et en nombre, je perpétue ma direction vers l’opposé de cette affiche qui me carpe diem trop.

La ville s’est construite dans la bonne volonté de ceux ont pris du temps pour elle. Chaque segment, chaque coin de rue, chaque monceau ne pourraient exister sans l’once d’un engagement. Ces gens ont sacrifié une partie de leur énergie pour l’avancement de leur communauté et non pour pêcher cette carpe diem.


Au loin, le garde-manger en champs labourés, cette lande en verte terre. Toute sa beauté m’émeut. La voiture rouge aux roues surdimensionnées laboure sans rompre son rythme la nature de sa fonction. Quelques goélands tournoient autour de la cabine de celui qui œuvre sans compter les heures écoulées. Pour lui, cet homme dévoué, le temps n’existe que pour ce qu’il a à accomplir et non en fonction de sa personne. L’égocentrisme est rarement mère de la communauté, bien au contraire. Et si je ne faisais que cueillir, je mourrais de faim dans les semaines à venir. Apprendre à se nourrir et cultiver ce qui nous revient, voilà ce qu’est la satiété… Et moi, pourtant, j’ai toujours faim…

jeudi 25 février 2016

)*¤*(

Entre l'équerre et le niveau
L'équilibre se situe 
Trop souvent 
Dans l’excédent de sa balance

mardi 16 février 2016

Apprendre

Apprendre, c'est se montrer humble 
face à l'inconnu 
et
 le désir d'y remédier!

mercredi 10 février 2016

Sourire

Sourire est bien souvent
plus sincère
que des paroles futiles
en guise de faux civisme...

dimanche 7 février 2016

Errance

Dans la foulée d'un autre jour, marchant dans l'arrière-scène de mon aventure, un ciel de bleu clair démodé ornait l'horizon. Chevauchant la dérive de ma boussole, un air de changement est apparu. Ébouriffant la tignasse qui se parsemait de par l'âge avancé, je craignais l'avenir, car incertain. Pause entre deux temps mort, je laissais mon voyage en berne. Résigné à ne pas savoir, je soufflai le ciel de son paradis pour que seul le néant me recouvre de sa voûte obscure. Ainsi libéré, je pouvais à présent errer sans la peur d'être refusé à la porte d'entrée...