mardi 1 novembre 2011

Je ne sais pas si je t'ai dit

Vient la saison engourdie,
celle dont les couleurs explosent
sur les pans de montages hautes.
Je ne sais pas si je t'ai dit
qu'au jardin, toutes les roses,
rouges et blanches se reposent,
la tête lourde d'un fruit dodu.

Vient la saison des fortes pluies,
des ramasse-tout, des manteaux gris,
celle qui souffle et souffle au visage,
pousse chevelure, dévisage.
Je ne sais pas si je t'ai dit,
cruelle bise m'euthanasie,
j'ai froid de mon été rompu.

Vient la saison de l'internat,
des bas de laine, des thermostats.
Je ne sais pas si je peux dire,
octobre, novembre, un vrai délire,
un tout plein gris de jours petits!
Mon corps grelotte le soir au lit,
Viens, bel amour, mon bienvenu.

Apporte-moi tes rêves fous,
que je les niche entre nos bras.
Nous en ferons grande saison,
et cet automne aux milles coups
de froid, de vent, de coryza
s'habillera de peaux d'oignons,
disparaîtra, fourbu, déchu.



Magnificence.

La saison est dans la magnificence.
Toutes les nuits préparent en silence les couleurs du lendemain pour que chaque matinée découvre de nouvelles traces de feu dans les feuilles lustrées. Je n'arrive pas à capter l'entière diversité des rouges et des orangers, leurs nuances, leur éclat.

Néanmoins, telle une enfant comblée de grâce, je jubile, contemplant cette féérie déployée sur la ligne d'un horizon montagneux . Laurentides et Appalaches étirent leurs corps accidentés, de chaque côté du grand fleuve de plus en plus large voulant manifester son droit de passage à la mer.

La terre

La terre est une boule bleue si petite,
elle ne tient qu'à un fil, une spirale,
celui de nos amours pour elle,
celle de nos coeurs satellites.

Qui choisit prend pire.

  • Souffrir en silence ou souffrir du silence?

Je cherche

Je cherche des mots qui chantent.
Je chante pour trouver ma voix.
Je vois bien que mon son porte!
Je porte en moi une couleur.
L'heure s'est arrêtée, se repose.
Je pose des questions, je cherche!

J'écris


J'écris pour toucher à ma vie.
Je vis dans des hauts et des bas.
Je bats la mesure comme je peux.
Je peux être femme et enfant.
J'enfante l'art et me découvre.
J'ouvre tout grand le possible.
Et la cible est immobile.
L'île m'appelle.
J'appelle en moi, j'écris!

Insomnie


Je remonte les draps jusqu'au cou,
Je couds les moutons doucement,
Je mens à la nuit qui vient,
Je viens courtiser l'insomnie,
Je nie le besoin de sommeil,
Je somme l'heure et je veille...
J'éveille des histoires dans ma tête,
Je m'entête dans l'oreiller,
Yé tard, très tard, dors là...
La poulette noire a pondu dans le soir,
Le soir penche vers le matin,
Tintamarre, marabout, bout d'cigare,
garde-fou, fou de rage... rage de dent.
Dedans le lit, je monte et remonte les draps!


Jamais satisfait


  • Souffrir de n'être que soi-même.
  • Souffrir de ne pouvoir être quelqu'un d'autre.

Humilité


  • Apprendre à reconnaître sa propre valeur sans la comparer à celle des autres.

Force émergente après le K.O.


  • À force égale, j'en subit la contre-partie.
  • Quand l'après-coup fait resurgir la nécessité du changement, le renouveau.
  • Une fois à plat, étendu de tout son long, dans l'impuissance du regret de son quotidien
  • Seulement,  vit de par la résurgence, d'un courant enfoui sous une masse journalière.
  • Luit et surgit cette vision d'un avenir sous-terrain en mal d'émerger.
  • Demain, seulement demain, j'y verrai si la résultante tant espérée est en vain arrivée.