vendredi 29 mars 2013

Gourmande en baies!

Rouges, bleues presque noires,
juteuses et folles en bouche,
ces baies sauvages il faut savoir
les cueillir au bord des routes.
Elles tachent les doigts, les frimousses,
aucune gourmande ne les repousse.
Déposez-les sur pamplemousse,
et si si, dégustation avec les pouces!
Moi, sur une glace, je les embrasse...
et pour une tarte, je me dépasse!

Sable

Petit ange tu dors
au creux de mon lit
ta tête brune rêve à demain
et moi je souris

Tu me fais déborder
de joie et de contentement
le ciel je remercie
que tu sois dans ma vie

Déjà tes petites dents de lait
tombent en croquant la pomme
tu me parles comme un grand
de sujets graves maintenant

Et les grains de sable fin
coulent nonchalamment
dans ce grand sablier
que j'oublie d'observer

dimanche 24 mars 2013

Fragiles balais.

Fragiles balais de tiges mousseuses,
élégance éphémère au bout des branches,
petit bouquet pour chatouiller ta joue,
je me permets de te cueillir
en souvenir de nos frissons.
Photo

La chute.

Balai blanc vaporeux
Voile de soie brute
Tu as percé l'horizon bleu
et nous offres la chute
L’œil gris du ciel
verse une larme
brume de miel
puissant vacarme

samedi 23 mars 2013

Sur le bord du lit.

Un rayon affaibli
s'était faufilé en douce
et du bout de sa course
s’immisça jusqu'ici.
En catimini, il avait déposé
sur le mur un pastel doré.
Assise sur le bord du lit,
j'observais les poussières de soir
tisser de toutes petites poires
sur le mur assombri.
Le silence était de connivence
et augmentait la voyance.
Un dernier filet brillant
glissa sur mon épaule
et disparu, faiblissant
dans le noir de la geôle.

Le livre se referme.

Une vrille qui se dé-vrille,
décélère, s'immobilise.
Qu'est-ce qui se passe?
Perte d'ampérage,
teinte de tristesse,
gris pâle,
comme la neige qui niaise
sur le bord des routes mouillées.

Sentiments tout mélangés,
sans poudre à pâte, sans levain...
Pâte molle dans un automatisme muet.
Envie de ne rien faire, boutons à off, longtemps.

Et la petite voix qui parle de douceur,
celle qui fait se recroqueviller les pensées moches,
celle qui suggère d'étendre sa peau dans l'eau,
puis celle qui ne dit plus rien, qui attend.

Un peigne démêle les cheveux,
quelques bijoux dorés chutent dans un coffret,
un oeil complice rejoint le miroir,
arrêt des opérations pour ce soir.

Les lumières tirent leurs révérences,
les draps de lit accueillent un chapitre,
le livre se referme.

Les mots d'une mère disparue résonnent
dans le répondeur du téléphone.

mardi 19 mars 2013

dimanche 17 mars 2013

Marque-page.

Marque-page joli,
ruban de soie polie,
tu me suis lorsque je lis,
connais-tu l'attente aussi?

Marque-page coloré,
objet à demi-caché,
indicateur recherché,
raccourci, petite boussole,
pense-bête, babiole.

J'aime quand tu es papier,
de mes doigts je t'effleure
et lorsque j'ai retrouvé
la bonne page à la bonne heure,
je m'installe...
puis, l'histoire je dévale...

vendredi 15 mars 2013

Ailleurs.

Ailleurs se promenait en solitaire,
les mains dans les poches, le nez en l'air!
Il parlait de demain, voulait me distraire.
Je le croyais, comme on peut croire un visionnaire.
Il avait le tour, la manière, un vrai célibataire.
Je devinais l'habileté, le savoir-faire!

Ailleurs ne regardait jamais par terre.
Voilà qu'un bon matin, c'était hier,
élégamment vêtu de son mohair
et semblant à son affaire,
il omis de faire le nécessaire,
percuta le réverbère
et se retrouva vite fait sur le derrière.

C'était la première fois qu'Ailleurs se retrouvait bêcheur,
près des cailloux, loin de l'imaginaire, pauvre acteur.
Il ne savait plus quoi faire, avait le cœur à l'envers.
Moi, j'ai retenu un fou-rire temporaire.
Ailleurs s'est relevé, m'a demandé l'heure,
s'est frotté les fesses comme s'il avait eu peur,
puis, s'est sauvé comme un voleur.

Après coup, me saisissant de cette histoire,
et supposant qu'Ailleurs soit loin des mémoires,
peut-être faut-il comprendre, ici savoir
qu'on ne peut vivre sur un promontoire
sans occasionner quelques déboires.

jeudi 7 mars 2013

Écart

Artisan en espoir
Entre talent et latent
Réside seul dans l'écart
L'étincelle d'un instant

samedi 2 mars 2013

Mémoires délicates.

À travers ta chevelure ébouriffée,
je faufile une main tremblante et maladroite,
celle qui tente de replacer les mèches grises
qui s'entêtent à descendre sur ton front de papier ligné,
celui qui cache encore tes mémoires devenues si délicates.

Courbées et saillantes, les arcades sourcilières se dressent
au-dessus de tes paupières de fine toile, abaissées sur tes
jours demeurés curieux autant que sur tes nuits secrètes.

À vue d’œil, un mouvement de vagues courtes, régulières,
mais de toute évidence insuffisantes, fait osciller la cage
thoracique de ta si fragile enveloppe terrestre, celle qui
désormais prend l'eau. Possible naufragée de demain,
tu t'affaires péniblement à rejoindre une bouée, un port,
une plage. Tu souffres en silence, tu te noies.

Je suis celle qui répond, rassure et apaise ta confusion.
Donne-moi ta main maman, ferme les yeux. Je suis là.