lundi 31 décembre 2012

À défaut (G.É)


À défaut d'être riche, on peut être généreux,
à défaut d'être beau, devenir charmant,
à défaut d'être sage, éviter d'être honteux,
à défaut d'être jeune, demeurer bon enfant,
à défaut de voyager, se lover en musique,
à défaut de courir, peut-on bénir le temps,
à défaut d'être poète, être inspirant,
à défaut d'être un yogi, éloigner les soucis!

Espiègle (G.E.)


-Pars te cacher, moi je compte...
  J'ai les yeux fermés, dépêche-toi!
  Allez vas-y! Va te cacher, c'est parti!
  Je compte jusqu'à dix.

(Ma chouette se cache, sous le lit...
mais elle roucoule comme une pie!)

-Je t'ai trouvée espèce de coquine,
   la prochaine fois, faudra rester coite!

-C'est quoi "coite"?  me demande la coquine.

-"Coite", c'est quand tu ne caquettes pas!   lui dis-je.
 
-D'accord! dit la puce, alors je caquetterai
   tout bas et tu ne m'entendras pas!

dimanche 30 décembre 2012

Texte sur le mot "naturel" (Groupe Écriture)


Toucher le champ avec mes pieds, avancer.
Me rendre jusqu'au bout, pénétrer la forêt, suivre les pistes de lièvres dans le sentier. Descendre jusqu'au ruisseau gelé.
Arrêter.
Une gourmandise se révèle, demande d'écouter le silence éperdu, invisible et puissant du ruisseau caché.
Un étroit lacet qui déambule, discret. 

Imaginer.
Rester immobile le temps qu'il faut, mains dans les poches.
Lentement lever des yeux balayeurs, aimants.
Les arbres observent, fidèles et chauvins, prisonniers en quelque sorte.
En accord total avec leur sort. Exemple de résignation, de bonheur tranquille.
Se sentir petite, mais bien campée, présente.
Respirer. Retenir son souffle juste pour voir.
Avoir l'image que ça peut faire une différence par en dedans.
Comme une sorte de ménage. 

Pas un remue-ménage, non.
Demeurer dans la main de la tranquillité.
Souhaiter être une éponge, un capteur de rêve, une mousse de rocher, une cocotte pour écureuil. 

Vouloir rester.
Prendre, capter la résonance. Se gaver jusqu'à en baver.
Remplir chaque cellule à pleine capacité. Il le faut!
Sourire.
Fermer les yeux, goûter le vert éternel des conifères.
L'air est franc, ce qu'il y a de plus pur.
Austère nature, aux visages des saisons, fidèle recommencement.
Grande nature, dans son naturel le plus brut.
Communion.

samedi 29 décembre 2012

La p'tite bougie.



C'était à l'heure où le jour commençait à fondre,
sur les murs il y avait comme des ombres,
de ces velours épais aux fenêtres d'un comble,
voilà que sur mes yeux, deux tranches de concombre...

Bien allongée, il va sans dire de tout mon long,
j'étais au repos dans la mousse de mon bain.
Une eau bien fumante et parfumée jusqu'au front,
je ressemblais à Cléopâtre, j'en conviens!

L'Ode à la Joie de Beethoven m'enveloppant
et du concombre, les petites tranches ramollissant,
je me sentis comme cette épave au bord de l'eau,
la peau ratatinée d'un vieux mafioso.

La p'tite bougie dansait encore sur la tablette,
d'un air moqueur, semblait vouloir bouger la tête...
C'est vrai que sous les yeux, je n'avais plus de poches,
mais toutefois j'avais les fesses... comme des brioches!

Deux mille treize déjà!...

Deux mille treize déjà!!...
Des petits coups secs, frappés à la porte...
j'entends qu'elle veut entrer. Est-elle pressée?

Il fait si froid, je ne peux la laisser
se faire geler les pieds, le nez...
Mais en même temps, il ne faut pas
devancer les heures comme ça!

-"Mais il fait froid dans ton cabanon,
je ne peux plus tenir debout, bon!"
"Ouvre-moi, je veux entrer,
en silence, vous observer..."

J'ai pas fait ni un ni deux,
à près tout, elle est bien mieux
sur un divan moelleux!

Je lui ai servi un petit verre
de mon vin de glace, oh! la gaffe!
Sur le coup, elle a frissonné,
mais depuis c'est secondaire,
elle nous chante ses beaux airs!

vendredi 28 décembre 2012

Déroutante méprise

Fresque d'un délire sous la rage d'une déroute
Itinéraire de mon égarement
Sous la trame d'une liberté
Froncer les sourcils de la démence 
Valsant entre ivresse et lucidité
Canevas d'une vie 
Trame d'un phare en appel
Signe de l'autre rive sous une vie truquée
Troquant mon réel à l'ambivalence
Prise de risque dans l'indécision
Déraillement de ma raison
Tunnel de mon innocence 
Boîte de ma prison en carton
Méprise sur sa réalité
Girouette sans aiguille ni vent
Je verse ma solitude vers l'unique
Chemin de mon versant




De Québec jusqu'aux États.

Un hiver froid, d'la neige qui craque,
le vent toujours se cherche un cou.
Veux-tu sortir du bivouaque
et me rejoindre dans mon bazou?

On filera tout droit jusqu'au pont,
enveloppés comme des oignons,
la chaufferette au maximum,
dans un étrange slalum.

On partagera le volant,
je conduirai en partant.
Un petit somme tu feras,
tout derrière sur le sofa.

De Québec jusqu'aux États,
et patati et patata...
on roule, on roule...ça déboule,
sans nos enveloppes de cagoules!

Demain matin, c'est la Floride,
Un bon bazou, lâche pas les brides!
As-tu amené la caméra,
pis ton maillot, ta carte Visa?

Y fait bin chaud, ferme la chaufferette!
Soleil se lève, oups! mes lunettes.
Faudra trouver deux bicyclettes,
et prendre la poudre d'escampette!

mercredi 26 décembre 2012

L'horloger


L’horloger de ma chute est patient, il œuvre avec toute la minutie de celui qui a le droit et le pouvoir d’attendre. Mieux, il est celui qui ordonne au temps, se fait répit, simple sursis devant l’éternité héritée.

Il observe et planifie chacune de ses attaques sur le seuil de ma déroute. Tressaillement du vieillissement prématuré. Chemin de la vision trouble, je m’égare le temps d’un engrenage défaillant, atteint au centre de son utilité. Déflagration de mes mécanismes intratemporels, distorsion de ma perception jusqu’à ce que le processeur des comportements adaptatifs joue son rôle. Équilibre en perte de détresse, mes pas foulent le sol de nouveau, ayant l'atout d'une fragilité en plus, assurance amoindrie.

Hésitante progression dans l’attente d’un assaut promis. Craintes en délire, appréhension du doute, mes certitudes et ma foi en meilleur s’amenuisent. Porte ouverte sur une peur de vivre dans les dédales d’une soumission assumée, mais incomprise. Soumis devant l’impuissance du plus grand et plus fort que soi. L’ombre du méfait borde mon allée sans chance de retour.

Rouage après rouage, ma vie s’égare en perte de repère, en perte de vitesse, détérioration de ma mécanique aux engrenages édentés, vacillant entre efficacité nulle et inutilité. Soupir du rêve d’un passé oublié. Table rase d’une identité assaillie par l’inconnu sans âme ni charité.

Fragilisé, brisé, j’erre en ralenti dans l’antre de l’attente. Brèche entre deux temps, j’étire les secondes. Peau meurtrie par les peurs rongées, je peine à cicatriser ma vie pansée. Courbé sous le poids du temps écoulé, goutte à goutte, je m’assèche de n’avoir rien à boire, rien à voir. Cécité de l’espérance.

L’horloger savoure ses effets à mon égard, triomphe de l’injustice face à cet ennemi invisible. Il a ce regard satisfait, il prépare à dose calculée son dernier assaut. Dernier rouage aux dents usées de mon souffle de vie, perte de vitesse dans l’inertie qui gagne ma route.

Contre temps à contrecœur, je ferme mes yeux rougis. Je toise dans le noir, l’invisible sur la ligne d’horizon, le temps n’a plus de corps, mais agit sur le mien. Contre coup d’une gourmandise de cet horloger ennuyé par son travail.

Dernier soupir face à mon regret, à mon reflet tamisé par l’usure du temps. Vestige d’un visage éclairé par l’ombre de son passage. Vie surpassée dans le statu quo de mon exil, je trépasse dans l’oubli de ce qu’a été ma condition terrestre.


mardi 25 décembre 2012

Table de réjouissances.

A la TABLE des RÉJOUISSANCES.

En entrant, le premier geste que je fis,
fut de tourner mon regard vers la table dressée.
Elle était dans la magnificence. La nappe blanche, brodée de rouge métallique aux 4 coins, les chandelles au centre dans un candélabre vieillot, les verres de cristal dressés comme de petites sentinelles
devant les assiettes étincelantes, tout semblait attendre la Fête et les réjouissances. Une bonne odeur emplissait la pièce éclairée discrètement par le grand sapin baumier et son collier de lumières blanches.

J'ai enlacé maman dans mes bras, de tout mon cœur je la remerciai pour tant de beauté. Elle avait toujours su décorer avec goût et simplicité sa petite maison pour Noël. Je la regardai s'affairer, son joli tablier de dentelle
à la taille, déambulant comme une fée aimante pour nous offrir quelques amuse-gueules délicieusement disposés sur un plateau que je reconnus,
celui des grands jours.

Pour combien de temps encore aurais-je cette opportunité, cette chance de partager la fête de la Nativité en sa compagnie?
Je ne désirai aucunement être nostalgique en ce moment, aussi je me fis un devoir de profiter de chaque instant de ce bonheur, un bonheur rose et doux, fragile et ténu comme un petit fil de soie.

Maman se tenait courbée du haut de ses 82 ans. Elle ne désirait aucun présent, aimait nous laisser savoir qu'elle avait tout ce dont elle espérait lorsque nous étions autour d'elle, à cette table des beaux jours avec nos sourires, nos complicités fraternelles et la chaleur des retrouvailles.

lundi 24 décembre 2012

Noel tire son chapeau!


Je me réjouis là aujourd'hui,
je suis vivante, pleine d'énergie.
De tout mon cœur, je remercie
pour les éléments de ma vie!

Dix doigts agiles sur le clavier,
deux pieds solides sur le gravier (?)*
pensée parfois qui s'interroge,
ne suis pas seule dans ma loge.

Noël se tient à la porte, gelé,
me demandant s'il peut entrer.
Ma table est simple et décorée,
j'ajoute une place pour le souper.

De confidences en confidences,
la Fête se pare de réjouissances,
mais tout à coup, un long silence
éveille en nous une conscience...

Monsieur Noël tire son chapeau!
Il ne veut plus de son traîneau,
ni de ses rennes tout là-haut!
Il en a marre grosso-modo!

Depuis longtemps, il a rêvé
d'un monde meilleur, plus éveillé.
Il ne veut plus être désigné
pour les cadeaux distribuer.

Toutes ces histoires, il en a marre.
Se faire passer pour une grande star
de la consommation, du bazar!
Il n'en peut plus de ce cauchemar.

Un peu éberlués nous sommes,
sachant aussi que l'on consomme
beaucoup, même trop, en somme.
Il faut que Noël se renomme!

Il est chez nous depuis ce temps,
et nous songeons, c'est important
à faire les choses différemment
pour les enfants, petits et grands!

Il ne veut plus de cette adresse,
celle du pôle nord, de la kermesse.
Adressez-lui vos suggestions
sur ce site en ébullition.

Monsieur Noël, en dépression,
se repose de ses émotions.
Il est arrivé juste à temps,
confiné dans un épuisement.

Je me propose de recueillir,
idées nouvelles et élixirs.
Cet homme mérite nos bons soins,
pour cela, j'en suis le témoin.

mardi 18 décembre 2012

acrostiche: causse.



C'est en te traversant que j'ai su ton nom, en marchant,
Avec sac au dos et bâtons, depuis le Puy-en-Velay, à pied.
Une longue route millénaire je fis, en surveillant le GR,

Suivant le chemin, cherchant le fil invisible de ma vie décousue.

Sifflant, chantant, je traversai le plateau calcaire à perte de vue,

En la Fontaine de Rolland, un arrêt s'imposa, si près du but.

Ce fut la descente vers la frontière, les Pyrénées, ces cols féériques.
A Roncevaux, je trouvai un débarcadère pour la douche et le lit.
Une interminable nuit se déroula dans le bruit des insomnies.
Si j'y cherchai une amitié sincère, je la trouvai tout à fait thérapeutique!
Si comme une reine, je rêvai de marcher l'Espagne fleurie, je le fis!
Et vers San Sebastian, je m'enfuis avant de revenir au pays !

jeudi 13 décembre 2012

Strapontin

Que je le veuille ou non
me voici ralentie,
je suis devenue limaçon
dans un petit gabarit!
Je flâne des heures au lit,
me réfugie dans les feuilletons,
invente des poésies.
S'accumulent à mes côtés
des piles de questions
que je dépose éparpillées,
sur le petit strapontin,
ne sachant laquelle élucider...
Je me dis que demain,
seulement demain,
je les ferai circuler!

dimanche 9 décembre 2012

Ton visage.


Ton front est un petit rectangle que je parcours
de mon doigt lorsque tu dors.
Une mèche de cheveux rebelles y tracent en diagonale 
une ligne floue, ta chevelure sent si bon.
Ton nez est pointu, il se plisse et fait bouger de petites ridules, curieux, il fouine.

Que dire de ta bouche, ces belles lèvres qui s'étirent pour laisser naître ton sourire, ces notes franches, ce propos qui te ressemble.  
Le son de ta voix devient l'écho qui tisse le bonheur.

Tes dents sont de petits bijoux luisants que je devine croquant la pomme, le céleri, les amuse-gueule.
Sous l'arcade sourcilière ici, deux grandes billes vert forêt, des yeux de confidence.

Tes paupières roses et satinées se sont dotées de longs cils que je me plais à observer dans la lumière.

Lorsque vient la nuit et que l'ombre recouvre nos corps, je dessine sur ton front des lettres complices et deux
petits cœurs entrelacés.






Clepsydre.

Je suis dans la clepsydre
épiant les gouttelettes du temps,
acteur dans le déroulement.
Me voici à l'intérieur, vivant,
moi, ce veilleur vigilant
dans la cage de son corps.
Je ne suis pas peureux
dans mon enveloppe de joie,
même confiné, même à l'étroit,
je rêve de mieux.
Dans le cœur de mes secondes,
dans le ventre de mes bleus,
je m'étire, tâtant le merveilleux.
Et le temps-pêcheur me ramène
à mes chansons et mes poèmes.
Prisonnier de mon espace
que je tente de meubler,
je me nourris, je me dépasse
et sur la pointe des pieds
je vois poindre l'éternité.






 

lundi 3 décembre 2012

Cratère.

Quel mot ici, ce soir!
***Cratère***
Tout ce que je réussis à voir
en fermant mes yeux bleus,
c'est un trou très très creux,
comme un trou de mémoire oubliée,
un trou noir, un endroit peu hospitalier,
où je n'aimerais pas tomber, ni me faire bousculer.
Ce n'est pas un endroit touristique
pour une journée pédagogique!
Quoique de nombreux enfants curieux
se plairaient d'y mettre le nez, ou le pied!
Mais si l'on proposait une publicité
pour une telle activité,
si l'on jumelait cette sortie
avec un repas spaghetti,
et bien, j'imagine que j'hésiterais
et me laisserais tenter.
Car je n'ai jamais vu de cratère,
ni sur la lune, ni sur la terre!

dimanche 2 décembre 2012

Une voix éveillée.

Elle observe de ses yeux fauves,
épiant la circulation du sous-bois.
Tapie dans sa cache vert-mauve,
elle ne fait aucun bruit, ni voix.
Respiration à peine perceptible,
fusil sur l'épaule, elle attend la cible,
nichée dans la sauvage alcôve.

Elle aime le silence, perchée dans sa tour,
jette un œil à la beauté du jour,
mais ne voit rien de cet amour.

Les heures passent, elle se lasse,
s'accroupit dans sa cache,
rêve et devient cette bête
traquée, blessée...
Son heure sonne. Il n'y a personne.

Elle regarde à ses pieds,
la nuit est tombée dans un puits de charbon,
Désolation. Nouveau champ de vision.

Elle ne se sent plus bienvenue,
petite dans sa tenue,
à l'étroit dans l'armure. Cela la remue.
Elle pleure des larmes de tueur,
remue ses jambes, touche son cœur.

Elle n'a pas peur mais se sent moche,
allume une torche, se met à chanter,
chanter très fort, une sorte de mantra des bois.
L'écho résonne, il fait si froid. Pourquoi?

Elle veut tuer la mort, fondre en elle ce brouillard,
réveiller les lièvres, les chevreuils,
les orignaux, tous les mâles.
Elle chante encore, ils ne dorment pas,
elle ignore simplement qu'ils sont là,
immobiles et sereins, les oreilles dans le crin.

Ils ne dorment pas, ils écoutent la voix,
cette voix qui n'est plus tout à fait la même,
une voix éveillée, là dans le sous-bois.

Les chaussures!

Chose sûre, facilement,
mes yeux glissent vers tes chaussures.
Évidemment, je regarde aussi tes yeux,
tes mains, le repli de tes reins,
mais inévitablement, j'affectionne le pied chaussé,
autant que ton côté humain.
Le cuir et la semelle de ton pas,
ont un effet sur moi.
Et si en plus, tu choisis bien,
les parfaites chaussettes,
là, tu gagnes mes faveurs,
complet est mon bonheur!!

Ton profil.


Éclairage béni, je prends le fusain
et te trace sur mon papier-main.
Ne bouge plus, voilà comme ça!
J'aime bien ton profil, ton air serein,
ris pas, ça pourrait faire autre chose,
je te veux dans cette pause,
dans cette lumière,
cet angle parfait, offert.
Quelques minutes encore...
ne bouge pas! C'est important,
j'y arrive, ta bouche, mon amant,
délicieux ourlet, plein de secrets
et ce nez de fiston, curieux, drôle même,
petite glissade pour mon doigt, j'aime!
Mais non, ne ris pas! Reste...
Là, je parcours ta paupière, rose et fière
sous l'arcade de sourcils rebelles et gris,
je corrige le menton, difficile le menton,
c'est la faute au charbon, ce fusain, ce petit crayon.
Ça te donne un air sévère... comme le beau-frère!
Voilà! J'ai terminé.
C'est pas pire, presque beau!
Viens voir, un vrai tableau.
Je vais l'afficher dans le hall d'entrée!

Et je signe,
ta douce aimée.

mercredi 28 novembre 2012

Insomnie.



Je remonte les draps jusqu’au cou
Je couds les moutons qui me comptent doucement
Je mens à la nuit qui vient
Je viens courtiser l’insomnie
Je nie le besoin de sommeil
Je somme l’heure et je veille
J’éveille des histoires dans ma tête
Je m’entête dans l’oreiller
Yé tard, très tard, dors là!
La poulette noire a pondu dans le soir
Le soir penche vers le matin
Tintamarre, marabout, bout d’cigare
Garde-fou, fou de rage, rage de dent
Dedans le lit, je monte et remonte les draps

mardi 27 novembre 2012

lundi 26 novembre 2012

Magasinage

Le magasinage des fêtes c'est de revenir avec les bras remplis de paquets... de troubles

dimanche 25 novembre 2012

Novembre, tu m'embêtes!


Juste de te prononcer, novembre, j'ai le frisson.
Tu me fais souvent regarder par la fenêtre.
Je te guette, je te suis à travers branches,
je te vois de loin.
Ça s'entend surtout;  tu chiales, tu maugrées, 
tu siffles et tu souffres.
Quel remue-ménage!
Tu as mis le paquet, car il n'y a plus de
feuilles dans les arbres,
T'as soufflé sur tout, même sur les plus
fortes vivaces du jardin.
Je te sais de connivence avec le froid. 
C'est ton amour, ton inséparable, ton complice. 
À deux, vous formez toute une armée
et vous faites en sorte que nous, 
les frileux, on s'encabane pour 6 mois.
Dès qu'on ose aller à ta rencontre,
tu nous enroules un courant d'air glacé
dans le cou!  On ne peut plus s'improviser
une sortie sans une paire de gants...
Et je te soupçonne d'être de paire avec
tous les coiffeurs de la planète.
Tu nous façonnes des têtes à faire peur!
Même les perruques les plus sophistiquées
ne tiennent plus!
Et quand tu te calmes enfin, 
tu nous caches le soleil et tu baisses le Mercure!
Vraiment, novembre, tu m'embêtes!

samedi 24 novembre 2012

Quitter le bal.

René au cœur des tourbillons,
homme d'affaires, de solutions,
se sent si bien dans la mêlée,
comme un élu, un député.
 
Léa soupire et s'exaspère,
devine chez lui les faux-fuyants,
aimerait qu'il soit si différent,
un bel amant comme naguère.

René demande le plat du jour, 
savoure le tout, fait demi-tour,
enfile ses heures sur un discours
et prend ses rêves pour des petits-fours.

Demain, la belle quittera le bal,
s'éloignera du bastringue et des spirales...
Il ne verra rien, depuis longtemps ne voit plus.
L'interminable mistral sera décousu.


Léa partie pour Saint-Domingue,
cueille des roses pour elle-même.
 


  


samedi 17 novembre 2012

Douce thérapie.


Une page complète de mots
des mots tout mélangés,
un vrai méli-mélo!

Pas de textes, pas de topos,
juste des mots,
ce qui te semble précis,
un secret, un ennui,
mot intuitif,
même naïf.

Sont-ce des lettres égarées,
des voyelles sur le côté?
OK, mais pas de phrases, pas d'histoires,
juste des mots, des idées pour voir.

Essaie, c'est plaisant,
ça ne prend pas de temps,
juste quelques minutes...
Impossible que tu butes!
C'est comme un collage,
de petits nuages.

Pense pas trop loin,
écris ce qui vient,
pas juste des mots bien,
mais des mots vrais, droits,
venant de toi.

Une idée entraîne l'autre,
les mots sautent...
Quand tu les étales, tu te libères,
c'est simple comme une prière.

Pas besoin de cahier
pour les mémoriser,
les mots sont en boule,
et sur la feuille, ils roucoulent.

dimanche 11 novembre 2012

Désir du transmuter


Noyau au cœur de chaines
Prison de verre
Vie de rengaine
Sans silence, j'espère

Vrille tourmentée
Trêve de vil
Nuage nuancé
Nouer le fil

Amour trituré
Amour disloqué
Peur de l'apeuré
Trébucher

Clin d'oeil solitaire
Désir de plaire
Sans s'y soustraire
Évider calvaire

Passion ardente
Tension latente
Corps en apnée
Enlacé

Coeur en mutation
Amour sans saturation
Vivre cette union
Transition

Coeur de chaînes
Coeur en lierre
Coeur d'air
Saine

Vie nouvelle
Muter par amour d'elle
Jadis prisonnier devient épris
Amoureux sur le seuil de son midi



samedi 10 novembre 2012

Foutre


Caresser le vent de son reflet irisé
À l'ombre de son échéance
Savourer déchéance
Beauté bleutée

Fort aboi
Vestige d'adolescence
Trembler de joie
Stimulante désobéissance

Atteindre ruine de son avenir
Bâtisseur en démolition
Chasser démon
Rêve d'advenir

Cristal en boule
Idée en ampoule
Porte entre-ouverte
Fabriquer sa découverte

Prévisible passé deviné
Mémoire de l'oublié
Tirage au sort
Trésor




vendredi 9 novembre 2012

Étreinte de tristesse.

J'ai peine à trouver en ce moment.
Où ai-je déposé cet antidote, cette habileté que je croyais mienne?
J'ai beau fouiller partout, aucun souvenir, aucune mémoire.
Je tourne sur moi-même, impuissante et malheureuse.

Inventer une façon, risquer une avenue...y aller d'instinct.
Fermer les yeux, retrouver cet ingrédient dissimulé,
ce petit grain de levain qui ferait tourner la pâte...

Mais j'avance dans la broussaille, je suis ralentie, 
bientôt immobilisée, perdue, comme engluée dans ma grisaille.
Les minutes trainent leurs pieds lourds, comme des condamnées,
elles sont plus de cent dans cette heure de marée noire.

Urgence. 

Je cherche cette particule de bon sens,
ce sel, cette couleur bien à moi,
ce prisme bienfaisant.

Cette tristesse vagabonde ne me ressemble pas.


Gris-noir.

un creux de vague
un vague à l'âme
un malaise impossible
je ne sais pas
une chimie bizarre
une sensation désagréable
un désarroi indéfinissable
pourtant...
je n'ai rien senti
et tout à coup
la grisaille
c'est vraiment moche
la grisaille
je ne l'ai jamais invitée
c'est une intruse
elle a pris toute la place
je suis envahie
c'est gris, gris-noir
les couleurs ont pris congé
et en ce moment
je veux qu'elle parte
maintenant
tout de suite

mercredi 31 octobre 2012

Apprentissage.

Deux petits garçons à l'aide aux devoirs, côte à côte.
Crayon à la main, lente calligraphie, langue qui travaille autant que les doigts!
Je suis tout près. J'observe. 
Quelques mots-étiquettes sont placés, comme un jeu sur la table, jeu de mémoire.
Visiblement, des connexions se joignent dans leur cerveau.
Je pointe du doigt un mot, puis un autre.  Les garçons se concentrent, se remémorent  les lettres, proposent un mot. Parfois le bon, parfois le mauvais.  Et l'on joue à trouver où se cache le mot demandé?
Ils sont bons mes amis, très bons!
Puis ils s'amusent à faire des phrases, me jetant de furtifs regards d'approbation.
Lentement, les lettres, les mots font leur chemin.
Et le chemin s'embellit.

 


B R I S U R E


Bris d'usure.
Cette fissure
Dans mon mur.

Tu pourrais passer
Sans remarquer.

B R I S U R E

L'écorchure.
Cette blessure
Dessous l'armure.

Tu pourrais t'approcher
Sans regarder.

B R I S U R E

La froidure.
L'épaisse doublure.
Ces inutiles parures.

Tu choisis de déposer
Délicat baiser.

B R I S U R E

Grains de levure.
Nouvelle texture.
Possible enjolivure.

Comme une dragée,
Emmitouflée.

B R I S U R E 

Je dessine la tournure,
Les enluminures.
J'entends tes murmures.

De ma tranchée,
Possible remontée.