mardi 16 avril 2013

Terre de l'athée


Regard austère d’une vie marchande, l’homme s’achète du bonheur au détaillant. Se coupant au rabais dans les coupons réclames, il emmagasine dans ses coffres l’excès du vide qu’il est. Vie qui se consume au rythme des nouveautés qui s’offrent à lui.

Que reste-t-il de nous?

Confortablement assis dans son sommeil, l’homme découd de sa vie dans l’abondance du rien qu’il est ou de ce qu’il peut représenter. Masse difforme édulcorée portant dans son sein l’absence de sa déroute consciente. Vide d’un espoir dans sa vue à court terme, l’homme moderne se vautre dans son absence de croyance. Néant de son au-delà sans lendemain, l’être humain erre dans les circulaires aux besoins créés par la suffisance d’une publicité fallacieuse. Trésor dans le présentisme que lui offre la consommation de lui-même dans son insignifiance. Dégoût du vrai par l’apostrophe d’un remord de conscience, niant sa nature que fut jadis sa vérité, l’illusion l’emporte sur le réel.

Que reste-t-il de nous?

L’athée, nombre en abondance dans une culture où la foi est balayée sous le tapis, circule librement dans sa prison qu’est son univers fermé. Fort de ce qu’il croit être, contraste dans le croire et espoir. Hurlant à qui veut l’entendre sa culture sans religion, il se fait le prêcheur des décrocheurs sans foi ni loi. Paradoxe en paroles. Homme aux mœurs légères dans ce qu’il promeut, il louage la liberté dans ses chaînes invisibles à l’œil nu, mais combien visibles dans ses contraintes. Dégoût d’une dévotion en plus fort que lui, l’athée triture un abcès de colère.

Source de réconfort sans contrefort, pour ce dernier est qu’il croit fermement
dans la justice d’une mort éternelle...

Fusillant du regard froid la terre d’une folie sans borne, statue de sel, statue de mer, hyperbole d’une différence d’opinions. Revers de fortune dans la différence de pignons. Autres terres, autres mœurs, terre de l’incompris dans l’errance qu’est la vie. Quêter l’abject d’une vie sans quête, tête chaude de sueurs froides dans un désert inondé.

Seul dans l’avenir de sa mise en échec, l’homme sans hommage tombe dans l’oubli de sous les caisses de marchandises élevées au statut de fausse divinité. Ailes en papiers, ailes en cartons recyclés, rien ne dure parce que rien n’est plus créé. Terre de soufre, terre de sang, terre des sans lendemain.

Que reste-t-il pour eux?

Terre sans terre. Ressources déjà taries. Progéniture sans nourriture. Stérilité d’un océan asservi par la vie. Riche en billet vert, affamé de page blanche, terre où s’enterre les vivants...

1 commentaire:

  1. Texte fort sombre d'un observateur scrutateur.
    Tout et son contraire s'entrecroisent et s'entremêlent dans des images grandeur nature.
    La liberté est en prison, le désert se noie, puis l'humain ne croit en rien.
    Monde factice. Lassitude de trop de Las Vegas. L'abondance de rien n'est confortable
    qu'à moitié. À croire en rien, on s'imagine à tort être nourri de tout. Il manque un feu dans le coeur froid du monde. Les fruits pourris arriveront-ils à donner quelques grains à germer pour composer les pages blanches à venir?

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