lundi 7 janvier 2013

Possible exil.

Silence de mort à la table,
pas la peine de se plaindre, ni d'argumenter.
Est-il possible de croquer dans une branche de céleri
sans faire de bruit?
4 enfants turbulents, vivants, taquins, rieurs.
2 parents en perpétuel désaccord, tendus, malhabiles, malheureux.
Les sempiternels repas nichés au cœur de la froideur.
Congélateur dans nos cœurs.
Contexte de jeunes vies difficile.
Tourbillon malsain.
Mauvais goût dans la bouche. Cauchemars.
Sommes-nous donc tellement incapables de se conformer aux demandes,
tellement irresponsables, impolis, ingrats??
Deviendrons-nous inadaptés?
Nous abandonneront-ils?
Petites colonnes vertébrales déjà courbées sous le poids de la politesse obligatoire, de la tenue irréprochable, du dialogue inexistant.
Exister comme enfant tout en étant absent de corps et d'expression.
Triste sort. Comment on s'en sort?
Manger tous ensemble sans faire de bruit, sans saper, sans rire. Exister en silence.
-On ne place pas ses coudes sur la table...
-On ne parle pas la bouche pleine...
Et patati et patata... Monologue, disait le vent...
Toujours le même discours, sur ce ton de reproches, de lourdeur et l'impossibilité d'intervenir, de placer un mot,
d'émettre un désaccord, encore moins une opinion.
Brin d'humour en germe, écrasée sous le pied, morte.
Blessures, grandes blessures dessous l'armure.
Trou de tension béante perceptible à des kilomètres.
Boule dans la gorge, pleurs sous l'oreiller.
Chicanes et reproches dans un méli-mélo dramatique.
Qui sommes-nous? Où sommes-nous?
Qui suis-je ? Où suis-je?
Étouffement.
Empoisonnement.

Partir, s'enfuir, claquer la porte-moustiquaire?
Prendre ses pattes au cou?
Courir jusqu'à ne plus avoir de jambes?
Faire le tour de la terre....
Changer de nom...
Changer de face...
Oublier son adresse.
Détresse.

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